Black squaw, Tome 1, Night Hawk

Aux États-Unis dans les années 20, une jeune métisse, Bessie Coleman, rêve de devenir aviatrice. Mais il lui est impossible du fait de la ségrégation et de la pauvreté. Aussi elle va être obligée de travailler pour le monde du crime organisé. C’est le fameux Al Capone qui la recrute car il veut un pilote qui n’a pas froid aux yeux pour assurer la liaison avec St-Pierre et Miquelon, plaque tournante du trafic d’alcool. Le récit commence au large des côtes de Terre-Neuve, à bord d’un bateau où des garde-côtes attendent le passage d’un « zinc » qui les nargue depuis des mois ! Aperçu, ils tirent sur lui et le font tomber. Mais ils ont commis une « sacrée bourde » ! Bessie a réussi à joindre son but. Le lecteur fait sa connaissance, une femme qui ne craint ni le danger ni les conditions physiques très dures « J’ai les doigts gelés malgré mes gants ! » et qui n’hésite pas à enfourcher un cheval sauvage, occasion pour l’illustrateur d’une belle planche d’une vue aérienne à un gros plan sur son visage radieux. Au retour, elle fait preuve de sa grande connaissance technique, « l’assiette cabrée pour déjauger à la surface des vagues ». Contraste, sur une double page, entre Bessie au volant de son hydravion luttant contre la crasse la nuit et une page, aux petites vignettes colorées, montrant Bessie enfant assistant à une intervention de son père pour qu’un homme soit jugé équitablement. Un beau rapprochement de la personnalité de la fille et du père qui l’avait mis en garde contre le « venin des blancs ». Des scènes incroyables, avec un zoom sur ses yeux paniqués, dans son avion pris dans la tourmente : «  C’est le moment de te souvenir de ton vrai nom cherokee, corneille obstinée ! ». Le récit est bien mené avec des événements inattendus qui se succèdent… avec toujours cette condescendance des blancs dans un contexte de chasse du Ku-klux-klan. Cette BD d’une facture classique est passionnante, racontant le défi d’une jeune métisse qui tentera tout pour assouvir son rêve, démontrant ainsi que « les filles aussi peuvent voler » ! En fin d’ouvrage, un « making of » contient une biographie de la vraie Bessie Colemnan, les « Lighthhorsemen », police tribale indienne et le Ku klux Klan. Suite dans le volume 2.

Yann , Alain Henriet, Dupuis (BD)

5/5
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