Stéphane Dugast, Stéphane Niveau, Ill. Laurent Seigneuret, Les éditions du sékoya
Très attendu, voici le second tome d’une série biographique consacrée à Paul-Emile Victor, explorateur emblématique du 20ème siècle. Explorateurs spécialistes de l’exploration polaire, Stéphane Dugast et Stéphane Niveau ont sélectionné les séquences clefs de sa vie afin de faire découvrir au lecteur la riche complexité de la personnalité d’un personnage comme Paul-Emile Victor. Laurent Seigneuret a accumulé une vaste documentation, avec l’aide de la fille de Paul-Emile Victor, Daphné Victor, pour restituer au mieux le cadre et le mode de vie des Eskimos. Ses dessins, d’une grande précision, permettent au lecteur de s’immerger dans ces lieux mythiques du Groenland et d’ en saisir toute l’intensité et l’émotion ressenties. Après ses premières années jusqu’à sa première expédition sur la côte orientale du Groenland, le lecteur va découvrir les deux expéditions fondatrices : sa traversée de la calotte glaciaire du Groenland et son hivernage avec sa famille adoptive. Lors de son retour en France, Paul-Emile Victor donne de nombreuses conférences dans toute la France et acquiert une large notoriété. Mais il ressent un besoin très fort de repartir. Avec trois compagnons, Michel Pérez, Robert Gessain et Eigil Knuth, il veut traverser le Groenland en traineaux à chiens, d’ouest en est. En avril 1939 « Enfin ! Nous voilà sur le chemin de l’aventure ». 4 hommes, 3 traineaux et 33 chiens ! « Face à moi, le désert de glace du Groenland, l’Inlandsis. Un corps gigantesque, monstrueux, impassible, en perpétuelle et effrayante gestation…». Après avoir traversé des épisodes difficiles, au bout de 49 jours et 829 kilomètres, le littoral est atteint. La TransGroenland est un succès ! Paul-Emile Victor devient à nouveau « Wittou » quand il voit le «Pourquoi-pas » du commandant Charcot s’éloigner. Il va séjourner 14 mois auprès de Doumidia et de sa famille. Avec beaucoup de détails, est décrite la vie quotidienne des Eskimos, dont laconstruction de la hutte commune et de sa cabane-refuge. Superbe double page sur les aurores boréales ! Wittou participe au long trajet pour aller chercher de la nourriture à un comptoir, à la chasse à l’ours. Paul-Emile Victor fait le travail d’un géographe, en faisant des relevés et en donnant des noms à ses découvertes. En aout 1937, un bateau vient le chercher. De retour en France, il fait venir des chiens eskimos. Il démontre, en reliant St Étienne de Timée à Chamonix qu’ ils sont un moyen de transport efficace en montagne. Une aventure une fois de plus réussie ! A la fin de la bande dessinée, deux magnifiques photographies. Stéphane Victor, son fils, a marché sur ses traces et a constaté les changements au pays de la « civilisation du phoque ». Ayant pu « approcher le cœur de l’âme inuite », il a mieux compris la passion de son père pour ce pays. Un extrait ds son livre « Boréal » révèle tout le savoir nécessaire pour savoir chasser sur la glace. Stéphane Dugast et Stéphane Niveau réussissent un deuxième tome tout aussi captivant ! Le lecteur est entrainé, sur un bon rythme, par les dessins fort documentés de Laurent Seigneuret, dans les pas de «Pôle-Emile Victor », cet ethnologue-explorateur qui a réussi d’exceptionnelles aventures à la découverte de « l’or blanc du Groenland ».






