Jean-Paul Demoule, Benoist Simmat, Ill. Lucas Landais, Les Arènes BD (L’incroyable histoire de)
Pour la première fois est racontée en BD, de Toumaï à Sapiens, toute l’histoire de l’évolution de l’être humain. Jean-Paul Demoule, archéologue et préhistorien, a créé et présidé l’INRAP permettant un essor considérable de la science archéologique. Benoist Simmat est reporter et journaliste économique. Dans cette excellente collection de BD science, après plusieurs titres dont le dernier « L’incroyable histoire de la médecine, l’histoire de la préhistoire est racontée par les grandes périodes qui ont marqué son évolution. Les informations scientifiques sont explicitées par les illustrations de Lucas Landais reconstituant avec beaucoup de détails la vie des hommes préhistoriques et ajoutant de nombreuses notes d’humour, ce qui rend la lecture très plaisante ! Il est intéressant de constater que la préhistoire, science née au XIX° siècle où sont apparues les toutes premières bande dessinées par le pionnier Rodolphe Töpffer. Avant la préhistoire, la biosphère a disparu dont les dinosaures du fait de l’impact d‘une météorite. Les mammifères commencent à apparaitre. Les fossiles du plus vieil primate, découverts dans les Rocheuses, remontent à 65,9 millions d’années. Après avoir été expliquées par la religion, les origines de l’homme, les pionniers de la préhistoire ne sont pas écoutés ! Il faut attendre 1856 pour qu’on admette existence d’un homme antérieur à la nôtre : l’homme de Néandertal. En 1859, Darwin présente sa théorie de l’évolution. Les singes sont les lointains ancêtres de l’Homme. Le début de son histoire commence en Afrique. Au début de chaque étape, une grande illustration sur double page retrace le paysage de l’époque donnée. Chapitre 1 : Les humains à quatre pattes. Dans les savanes du continent africain, des Hominiens sont très proches des singes. Les paléontologues ont mis longtemps pour découvrir des restes de trois espèces anciennes dont Toumaï exhumé par une équipe franco-tchadienne. Est présentée la taxonomie de la lignée humaine. Un grand événement a été la découverte de Lucy en Éthiopie par une équipe dont faisait partie Yves Coppens. Six espèces d’Australopithèques ont été exhumés. «L’apparition des espèces dans le règne du vivant est finalement plus buissonnante que linéaire »Dans le chapitre 2 « Nos ancêtres les homo», de l’évolution de nos cousins de la savane, va naitre le genre homo. Homo Habilis taille des outils et se redresse pour devenir bipède. « Homo Erectus » est inventeur du premier outil complexe et domestique le feu. Il est le premier à sortir du continent africain. Solidaire avec les autres, il progresse lentement jusqu’aux confins d’Eurasie. Un schéma permet de voir que l’arbre du vivant est foisonnant. Une importante découverte sera celle de Néandertal. Celui-ci est le premier à utiliser un langage articulé. Chapitre 3 « Sapiens Imperator », à partir de – 300 000, un nouvel home apparait en Afrique : Sapiens. Il sera la seule espèce survivante du genre Homo du fait d’une mutation de son cerveau. Il va conquérir le monde en cent mille ans. Implanté en Europe, un bond cognitif important est réalisé. Une période fondamentale s’ouvre : le Paléolithique supérieur. Chapitre 6 « La vie d’artiste ». Vers – 35 000 Sapiens est un artiste accompli. En 1879, début de l’art pariétal avec la découverte d’Altamira, puis en 1940 celle de Lascaux, en en 1994 celle de la grotte Chauvet. Les différentes cultures retrouvées sont classées par grandes périodes. Le climat change, c’est la fin de l’âge glaciaire. Chapitre 5 « Le jardin d’Éden » c’est le début d’une période intermédiaire, le Mésolithique. Peu à peu Sapiens deviendra un chasseur-cueilleur sédentaire. « Sapiens s’extrait définitivement de la nature… il se vit comme un être au destin particulier dont la vocation est de dominer son environnement ». Les sapiens se distinguent par leur apparence physique. Une importante révolution se prépare. Chapitre 6 : « Néolithique la mère des révolutions », les inventions de l’agriculture et de l’élevage marquent la rupture la plus fondamentale connue. Les hommes apprennent à domestiquer les animaux. En un millier d’années, ces agriculteurs-éleveurs s’installent sur ne moitié de l’Europe, du Moyen-Orient aux Balkans. La culture de la céramique s’étend à toute l’Europe tempérée. Des réseaux d’échanges se constituent. L’organisation politique va se transformer. Chapitre 7 « Les guerres des chefs ». A partir du V° millénaire avant notre ère, un nouvel ordre social apparait. L’art funéraire est amélioré avec la dépose d’objets dans les tombes marquant une différentiation sociale entre les défunts. Avec l’âge du cuivre, les chefs arborent des signes distincts et les premiers conflits intergroupes apparaissent. Des villages sont amenés à se fortifier. Au II° millénaire, des armées efficaces se généralisent. Les peuples se font la guerre. Une des causes est la non-compréhension du fait de dizaines de langues différentes. Chapitre 8 « Au seuil de l’histoire », ces premiers peuples transforment leur existence avec le développement de techniques : travail du fer, domestication du cheval ; invention de la roue… L’homme est bien plus représenté que la femme dans les représentations d’art, fait révélateur de la place de la femme dans la société. Des lieux de culte sont dédiés aux entités supérieures. A partir de l’âge de bronze, un cosmos hiérarchisé de vient la norme de l’imaginaire religieux. L’écriture marque un tournant, elle permet de mieux installer les rôles de ces entités religieuses. Le développement des capitales impériales marque la fin de la préhistoire. Dans les conclusions du professeur Demoule, des informations sont apportées à différentes questions : Pourquoi la préhistoire est née au XIX° siècle et pas avant ? Quels outils scientifiques sont utilisés en préhistoire ? Que nous apprend l’histoire de la préhistoire sur l’humain ? Pourquoi certaines sociétés ne sont-elles jamais « sorties » de la préhistoire ? L’explosion démographique nous condamne-t-elle à évoluer vers plus de conflits ? Que peut nous apprendre la préhistoire en matière de rapport entre les sexes ? La période géologique que nous vivons, qualifiée d’« anthropocène » parce que l’influence de l’homme u est devenue primordiale dans l’environnement sur les écosystèmes, a-t-elle démarré avec la préhistoire ? Continuons nous à évoluer biologiquement ? Avec une bibliographie des auteurs. Cette bande dessinée « science » retraçant l’histoire de la préhistoire est une grande réussite ! JeanPaul Demoule, avec la collaboration de Benoist Simmat, fait apparaitre les grands changements survenus, d’une grande période à l’autre, pour les hommes et leur vie pendant la préhistoire Les lecteurs auront ainsi une idée très claire de cette évolution non pas linéaire mais foisonnante. Les connaissances apportées sur les grands thèmes cités dans les conclusions de Paul Demoule permettent une synthèse passionnante pour vraiment comprendre nos origines.





