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Les plantes font leur cinéma De La Petite Boutique des horreurs à Avatar

Katia Astafieff, biologiste, a déjà passionné les lecteurs avec ses précédents ouvrages, Mauvaises graines et L’aventure extraordinaire des plantes voyageuses. Elle est aussi une excellente médiatrice scientifique pour les jeunes, comme en témoigne son livre « Les plantes carnivores font mouche , éditions Lucca. Cette fois elle nous offre une relecture scientifique de films où les plantes sont présentes, faisant preuve d’une grande érudition cinématographique. Qui ne s’est pas déjà demandé dans tel ou tel film si une plante a vraiment tué le héros ? Une plante carnivore peut-elle manger un homme ? Quel rôle joue le rosier du Japon dans un thriller érotique ? Il est vrai que les animaux acteurs sont plus connus ! Connaissez-vous la plante carnivore du film « La Petite Boutique des horreurs » ? Pourtant les plantes ont été présentes dés les premiers films, « La sortie d’usine » des frères Lumière, 1895, « Le miracle des fleurs », un documentaire de Max Reichman, 1925. Tout en parlant des films, Katia Astafieff partage des informations fascinantes sur leur mode de vie, leur biologie ou leur histoire. Elle a privilégié « une approche thématique selon ce que révèle ou évoque le végétal : la monstruosité, l’amour, la mort, la science, etc. ». Dans chaque chapitre, après une présentation du thème, deux films, choisis parmi les films culte, sont détaillés en apportant un « éclairage botanique ». Sept thématiques ont été choisies : Horreur végétale, Eau de rose et séduction, Astrobotanique, Western épineux, éthique et génétique, Les plantes et la mort et Fragiles et convoitées. Un port-folio de photographies en couleurs sont extraites des films Que viva Mexico, Rio Bravo, Sueurs froides, La révolte des triffides, La Petite Boutique des horreurs, Les plaisirs de la chair, Silent Running, L’arbre, le maire et la médiathèque, American Beauty… Sur le thème « astrobotanique », des films ont imaginé cultiver des plantes dans l’espace et des scientifiques l’ont fait ! Katia Astafieff donne deux exemples de films abordant les missions scientifiques dans l’espace. Dans « Seul sur Mars » (Ridley Scotte, 2015, États-Unis), le héros, botaniste, doit trouve le moyen de cultiver assez de nourriture pour trois ans sur une planète où rien ne pousse ! Que faut-il pour cultiver des plantes ? Pour fabriquer de l’eau le héros ses sert de l’hydrazine, carburant utilisé pour les vaisseaux spatiaux. Pour rendre la terre fertile, il va utiliser ses propres excréments. L’astrobotanique est une discipline très actuelle. De nombreuses expérimentations, dans les conditions martiennes, sont réalisées sur la culture de pommes de terre car il est envisagé d’envoyer des humains sur Mars vers 2035. Dans l’espace, des plantes ont été cultivées et des graines ont germé sur la Lune. Une plante, la luzerne, mériterait d’être cultivée sur Mars. L’eau pourrait être traitée par des cyanobactéries marines. Le deuxième film est Silent Running (Douglas Trumbull, 1972, États-Unis). Pour le thème « Éthique et génétique », la génétique est très présente dans les films de science-fiction. ». Quelles pourraient être les plantes du futur ? « Les plantes du futur sont-elles forcément des OGM ? » Le futur du monde sera-t-il fait d’hybrides inquiétants, de créatures étranges ? Deux films donnent une vision sombre de l’avenir : Little Joe (Jessica Haustner, 2019) et Avatar (James Cameron, 2009, États-Unis). Dans « Avatar », le monde est féérique, illuminé par ses végétaux. Des chercheurs ont réussi à mettre au point des plantes bioluminescentes par modifications génétiques. Ce pourrait être dans le futur une révolution écologique ? Mais est-ce une bonne chose ? Dans un dernier chapitre, il est question des plantes et la mort. Que nous apprend le cinéma de la mort des plantes et de la mort par les plantes ? John Muir, grand naturaliste américain, décrit la magnifique végétation dans un cimetière. Les plantes mortelles sont utilisées comme armes dans les films policiers. Des exemples d’immortalité et de toxicité sont exposés dans deux films : « Sueurs froides » et « Into the wild ». Dans « Fragiles et convoitées » de nombreux films, comme « Adaptation » et « L’arbre, le maire et la médiathèque (Éric Rohmer, 1993, France) alertent aujourd’hui sur les menaces qui pèsent sur les plantes. Cette relecture captivante d’une botaniste de films où des plantes son des héroïnes, amène à porter un autre regard, un regard scientifique, nous faisant découvrir leurs extraordinaires propriétés qui font d’elles des contributrices indispensables à la vie.

Katia Astafieff, Dunod

5/5
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