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La Justine et l’Olympia-1867 Un cold case sous la mer

Laurence Serra, scaphandrière et archéologue au CNRS, fait part d’une histoire incroyable ! Pendant cinq années, celle-ci a coordonné les travaux de recherche avec une formidable équipe constituée de scientifiques, d’archéologues, de photographes sous-marins, d’étudiants et bénévoles d’une association de Recherches Archéologiques de Frontignan. Pourquoi lui donne-t-on le nom de « cold case » ? Comme elle l’explique à Michel Moatti qui va faire un atelier d’écriture avec des collégiens : « Il s’agit d’une énigme historique, avec ses zones d’ombre et ses hypothèses. Songez-y : l’épave est une véritable scène de crime! ». Il s’agit de deux vaisseaux naufragés la même nuit de l’hiver 1867. La Justine navire français en provenance de Sicile avec les cales pleines de soufre. L’Olympia, brick grec, qui reprend la mer depuis Sète par un temps menaçant avec un chargement de blé ukrainien. Plein de questions vont surgir au fil de l’enquête. Il aura fallu 150 ans pour que la découverte d’une pièce de monnaie permette d’identifier le naufrage qui fut le premier naufrage médiatisé dans la presse qui, à l’époque, a interrogé les survivants. Une pièce de théâtre, de la « Real fiction », fut écrite pour faire revivre les personnages à la médiathèque de Frontignan. L’iconographie est très abondante, reproductions de tableaux et de documents d’archives, cartes, croquis, photos du chantier de fouilles et de l’installation d’instruments. Une grande partie de cet ouvrage est consacrée à des informations scientifiques montrant comment travaillent les archéologues sous-marins et les laboratoires qui procèdent aux analyses. L’archéologie demande une approche interdisciplinaire, historien, géomathématicien, ingénieur, charpentier de marine, archivistes… Connaissez-vous la dendrochronologie, la xylologie et l’écologie des hydrosystèmes ? Le lecteur aura accès aux systèmes innovants pour retrouver une épave. Il va suivre au fil des mois le long travail d’identifications demandant des recherches dans les archives françaises et étrangères. Pourquoi le soufre était-il si précieux cette époque ? Il était très utile pour soigner les vignes de Frontignan atteintes par l’oïdium. Des membres de l’équipe sont partis faire un reportage photographique sur l’exploitation du soufre en Sicile. Plusieurs objets ont été trouvés à bord des vaisseaux. L’architecture de la Justine et de l’Olympia est décrite très précisément avec dessins et photos ainsi que Hermoupolis, le centre de marine marchande et de construction navale en mer Égée. En fin d’ouvrage, sont donnés des extraits d’œuvres littéraires. Dans cet ouvrage très bien illustré, l’enquête scientifique se lit comme une histoire policière, tout en découvrant avec beaucoup d’intérêt comment se font les recherches archéologiques sous-marines.

Laurence Serra (Dir.), Le Papillon rouge éditeur

5/5
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