Mathieu Garrigou-Lagrange, écrivain et journaliste sur France Culture, a produit de nombreuses émissions et a animé « Géographie à la carte ». Pour cet ouvrage, il a posé à une trentaine d’universitaires des questions surgies au cours de son émission. La géographie occupe une place importante parmi des défis géopolitiques et climatiques. « Pourquoi y a-t-il un petit morceau de Russie en Europe ? » en fait partie. D’autres questions sont liées également à l’histoire dont « Les États peuvent-ils s’acheter des territoires » ? Pour en faire ressortir l’humour, Jean Leveugle, par ses dessins, y réussit pleinement. A la fin de chaque exposé, est proposée une bibliographie. Comme dans un « cabinet de curiosités » le lecteur peut « picorer », selon ses intérêts, une des trente-deux friandises de culture générale. Combien y a t-il de continents ? Y a-t-il encore des lieux à explorer sur Terre ? Olivier Archambeau, géographe et président de la Société des explorateurs français, évoque le personnage de l’explorateur, incarné à la fin du XV° siècle par les grands navigateurs dont Christophe Colomb et Magellan. Il existe aussi des personnages de fiction comme Indiana Jones. Aujourd’hui il y a de nouvelles expéditions scientifiques, le désir de voir ailleurs restant intact. Jean-Louis Étienne, Bertrand Picard s’inscrivent dans la tradition de l’exploration. Mais l’exploration change d’échelle. « Elle se concentre sur l’observation et l’étude des milieux, sur l’histoire de leur formation, la biodiversité… ». Le fond des mers est encore peu connu. Laurent Ballesta, biologiste marin et photographe décrit la géographie en devenir comme « une discipline en construction où les méthodologies n’existent pas encore… ». Ifremer utilise le sous-marin Ulyx, capable de rester d’affilée à 6 000 mètres de profondeur. On connait encore très peu les entrailles de la Terre. Il y a encore des espèces à découvrir dans les grandes forêts. De nouveaux projets dont Gateway voient le jour pour explorer l’infini et au-delà. « La recherche sur le terrain reste fondamentale ». L’arctique, continent ou océan ? Iles artificielles:le nouvel Eldorado ? Quel géographe était Jules Verne ? Lionel Dupuis, chercheur, répond que Jules Verne de son vivant, a été qualifié de « savant-géographe ». Il a réalisé de nombreux voyages au cours desquels il prend des notes. Il lisait beaucoup de publications géographiques et scientifiques. De ce fait les savants reconnaissent en lui un passeur de connaissances par la fiction. Il a des échanges avec les frères Arago. Savez-vous qu’il a publié une « Géographie illustrée de la France et de ses colonies » ? Passionné par les cartes, la géographie est au cœur de son œuvre : « mon objet n’était pas de prophétiser mais d’apporter aux jeunes des connaissances géographiques en les enrobant d’une manière aussi intéressante que possible ». Il a ainsi créé un gendre nouveau, le roman géographique. Peut-on cartographier les nuages ? Qui a son mot à dire sur l’Arctique ? Une inondation peut-elle être une bonne nouvelle ? Les réponses approfondies apportées par des universitaires à ces questions « qui font le tour du monde » permettent de prendre conscience qu’« en chaque Terrien sommeille un géographe susceptible de comprendre et de prendre conscience des traces, des dessins qu’il laisse sur la Terre ».





