Emmanuel Beaudouin, Dunod
Pratiquer l’observation des aurores boréales, sans autres instruments qu’un appareil photo, devient possible grâce aux avancées de la science durant la dernière décennie : des satellites et des observatoires judicieusement positionnés sur Terre et dans l’espace pour quantifier les orages magnétiques de notre Soleil d’une part et des applications sur notre mobile pour mettre les informations et prédictions pertinentes à notre disposition d’autre part. La chasse aux aurores boréales est devenue simple et tout un chacun peut observer sous nos latitudes de magnifiques aurores sans avoir à s’en remettre au hasard.
Emmanuel Beaudoin, chercheur à l’Université Paris-Saclay, spécialiste des atmosphères planétaires, nous livre un petit guide, très clair, illustré de 100 magnifiques photos, pour se transformer en chasseur heureux des aurores boréales. Une première partie explicite de façon très pédagogique les aurores boréales et les conditions et caractéristiques de leurs apparitions. Il s’agit de bouffées de particules solaires – les CME ou corona mass ejection – produites lors des orages magnétiques solaires et induisant in fine l’ionisation des couches supérieures de l’atmosphère terrestre. Une brève histoire des aurores boréales montre combien la difficulté d’observer ce phénomène est plus fonction de la difficulté à les prévoir qu’à leur rareté. Les conséquences éventuellement très nocives des aurores tant sur les êtres humains que sur les installations techniques sont également détaillées. La physique de ces évènements est caractérisée et tous les observables à suivre sont définis et quantifiés comme l’indice Kp exprimant l’intensité des orages magnétiques du Soleil (supérieur à 6-7 pour signifier une observation probable en France) ou la puissance hémisphérique G supérieure à 100 GW pour les aurores observables.
Dans une seconde partie, la méthode à suivre est soigneusement décrite: rester attentif aux conditions atmosphériques solaires et météo, puis se préparer soi et son matériel dès que les conditions deviennent favorables (entre la détection d’un orage magnétique solaire bien orienté et la survenance d’une aurore il peut se passer de 18 heures à quelques jours), partir au bon moment vers le bon lieu (il y a un laps de temps d’environ 1h entre la détection de la circonstance favorable par le satellite artificiel DSCOVR, dernière vigie d’observation des CME abordant l’atmosphère terrestre, et le phénomène) et enfin prendre la photo inoubliable – le phénomène dure plusieurs minutes au moins et n’est pas fugace. Le lecteur y apprendra comment paramétrer sur son portable l’application SpaceWeatherLive ou MyAuroraForecast et leurs alertes, puis quels sites web consulter : pour affiner la prévision et choisir ses site et temps d’observation Méteo France, NASA etc. Le choix de l’appareil photo est également discuté.
Le guide décrit les types d’images d’aurores observables et des phénomènes liés : SAR ou arcs rouges et STEVE ou émissions intenses de lumière. Il aborde aussi le choix des lieux d’observation – plus fréquents dans le Nord que dans le Midi de la France – en incitant à choisir des lieux iconiques comme premier plan : un édifice, un phare, un paysage, ainsi que les périodes de l’année les plus favorables. Pour les plus accros de ces observations, quelques compléments sont donnés pour aller les observer dans le grand Nord où elles sont très fréquentes pour autant que le Soleil ne soit pas dans son minimum d’activité ce qui survient environ une fois tous les 11 ans.
Avec un peu de persévérance et de ténacité tout lecteur français devrait pouvoir disposer en moins d’une année de sa propre photo d’une image d’aurore boréale.






