Marion Montaigne, Dargaud (Charivari)
Marion Montaigne raconte à sa manière très drôle son enfance et son angoisse de ne pas pouvoir dans le futur y arriver. Devenue « le professeur Moustache » dans son célèbre blog « Tu mourras moins bête…mais tu mourras moins bête », elle a publié six albums et quatre saisons ont été diffusées sur Arte. Elle est ainsi devenue la référence en vulgarisation humoristique. Dans cette bande dessinée, elle nous reparle du gros travail de préparation qu’elle a mené pour réaliser sa BD « Dans la combi de Thomas Pesquet », avec toujours ses dessins aussi efficaces et remplis d’humour. Voulant faire une BD sur le spatial, elle a tout d’abord cherché des informations sur le Kazakhstan. Visitant le CNES, « débute alors la phase du doute doublée d’une petite paranoïa ». Suite à une interview avec un scientifique, elle a le sentiment d’être nulle. Heureusement, après des séances chez le psychiatre racontées d’une manière hilarante, un ami lui indique que Thomas Pesquet a laissé un commentaire très sympa sur son blog. Lors d’une rencontre avec Thomas Pesquet, elle angoisse de lui poser des questions. En fait il est très cool et l’invite à venir au centre d’entrainement de l’esa à Cologne. Et la voici, en février 20216, au centre où Thomas lui servant de guide elle assisté à plusieurs entrainements. Elle est à la fois heureuse et en même temps fort anxieuse. Et si elle faisait une BD rien que sur Thomas Pesquet ? Celui-ci est d’accord : « Te censure pas…tu me fais relire et tout ira bien ». Elle va le suivre pendant les entrainements.
Thomas lui propose de le suivre à Houston. Tout allait changer puisqu’elle était adoubée par un astronaute ! Après avoir passé différentes phases d’anxiété lors des préparatifs et du voyage, elle arrive à Houston en avril 2016 au « NASA Johnson Space center ». Elle découvre un immense « grenier » où est accumulé plein de choses déposées par les ingénieurs. Elle trouve « très intimidant de voir pour de vrai un bras articulé gigantesque de la station spatiale. A partir de là elle se met à angoisser ! Elle est très impressionnée par la fusée Saturne V… dessins très drôles pour montrer qu’elle est devenue aussi vulnérable qu’un nourrisson abandonné sur une autre planète, Marion, toute petite à côté de tubes gigantesques ! Heureusement il y a les moments d’échanges avec Thomas. Elle se rend compte qu’elle doit raconter dans sa BD ce qu’on ne montre jamais.
En juillet 2016, elle embarque avec une réalisatrice de cinéma pour Baïkonour au Kazakhstan, une ville en plein désert. Elles vont toutes les deux écrire leur scénario. Elles se rendent au cosmodrome là où se trouvent les fameux pas de tir. Un passage savoureux où une maman explique à son enfant qu’elle va partir dans l’espace. Elles assistent « religieusement » à la longue et lente érection de la fusée. Des grands bras se referment sur la fusée, formant « la tulipe ». Après s’être posée plein de questions, pendant la nuit, elle assiste au décollage : « voir ça en vrai au moins une fois dans sa vie ». Les relations avec Thomas Pesquet ne sont parfois pas faciles, surtout lorsqu’on vante les qualités d’un autre astronaute ! Elle admire sa façon de toujours contrôler ses émotions, si elle pouvait être comme lui ! Et en plus elle a découvert que du côté humour, il se défend. De retour à Paris, elle a un problème de santé, une thrombose. Et on lui dit qu’il ne faut plus qu’elle prenne l’avion ! Elle doit partir dans 10 jours pour Moscou ! Pourra-t-elle aller à Moscou pour se rendre à la Cité des étoiles ?
Le lecteur avait pris un grand plaisir à lire « La combi de Thomas Pesquet » Dans « Space Montaigne, c’est à festival incroyable d’auto- confession sur son manque d’assurance, de commentaires plein d’humour sur ses visites dans les grands centres spatiaux, de découverte de ce qu’est être astronaute à travers la personnalité de Thomas Pesquet que Marion Montaigne invite le lecteur. Avec sa conscience professionnelle habituelle de vulgarisatrice, elle donne plein d’informations scientifiques sur le spatial, dans les préparations des astronautes et dans la technologie spatiale. Cette bande dessinée de reportage est à la fois fort drôle, passionnante par les compte-rendus de ses observations dans les centres spatiaux, de la vie de l’astronaute Thomas Pesquet et très juste dans ses analyses de ses doutes et émotions en tant qu’autrice d’une bande dessinée. Cette alliance d’auto-confession d’une autrice « flippée 4 000 », d’humour et de science est inégalable !







