Julie Scheibking, Ill. Rémi Torregrossa, Delcourt (Hors collection) / Amnesty International
Un couple fait des projets pour partir dans un lieu secret. Quelle n’est pas leur surprise de se voir proposer, le soir même sur leur téléphone portable, les mêmes pubs sur les Iles grecques. La jeune femme Gaëlle, journaliste, veut faire une enquête sur la surveillance ordinaire avec un premier épisode qui répondrait à cette question : « Nos téléphones nous écoutent-ils ? ». Le graphisme de Rémi Torregrossa correspond tout à fait au style journalistique, dans la mise en page et des dessins parfois proches de la caricature. Le noir et blanc donne encore plus d’expression au ressenti des personnages. Son patron lui expliqué que les réseaux recoupent les informations. La géolocalisation permet de retrouver toutes les lieux où elle est allée. Les applications utilisent nos données pour se faire de l’argent. Il lui donne l’exemple de Thomas Bonnec, un lanceur d’alerte qui a été « data analyst » et a vu comment nos données sont exploitées. Il a par la suite dénoncé leurs pratiques aux agences de contrôle. « Que peut-on faire pour éviter ce profilage ? ». On peut désactiver notre assistant vocal, utiliser des logiciels libres… Rappelez-vous ce qui est arrivé à Snowden et le scandale international de Cambridge Analytica qui a utilisé les données d’une application proposant aux gens de faire un test de personnalité et qui ainsi pouvait dresser leur profil psychologique et politique. Un prof de droit américain et une américaine ont joué un grand rôle. Brittany Kaiser a été au cœur de l’élection de Trump. Cambridge Analytica ciblait les personnes « persuadables » pour les bombarder de messages. Elle a agi aussi dans la campagne du Brexit. Brittany Kaiser a aussi dénoncé le traçage numérique. Savez-vous que le logiciel de réunion « Zoom » vend ses données à Facebook ? « Les grandes sociétés de la tech deviennent des « kleptocraties numériques ». Après la surveillance de masse, Gaëlle enquête sur la surveillance ciblée. Le téléphone de Dominique Simonnot, contrôleuse des lieux de privation de liberté, a été ciblé par le logiciel Pegasus. Celui-ci permet à une société Israélienne de prendre le contrôle d’un smartphone. Dominique Simmonot a appris que le gouvernement marocain la surveillait. Plusieurs personnalités politiques françaises en seront victimes ainsi que des journalistes et militants des droits humains. Dans le scandale Predator, un réseau d’entreprises de surveillance, l’alliance Intellexa, a contourné les réglementations de l’Union Européenne, avec comme logiciel Predator vendu à des régimes autoritaires. Pour montrer le business de la surveillance au détriment des droits humains, est présenté le cas Hébron. L’Etat israélien a utilisé un logiciel pour surveiller les Palestiniens, utilisant différents outils de surveillance dont un système de reconnaissance faciale. Au sujet des citoyens sous-informés et sur-surveillées, il est expliqué qu’on a ajouté aux caméras de surveillance, dans les villes, la vsa, un logiciel d’intelligence artificielle. La journaliste se rend au salon Vivatech où sont exposées plein de start-up de la tech. Quelle est l’efficacité sur le plan sécuritaire ? Dans le dernier chapitre, l’heure tardive des réglementations, il est montré que les condamnations n’ont porté que sur les trois géants du numérique. Un texte établissant des règles pour l’utilisation de l’IA a été mis au point mais il n’a pas été voté. En postface sont apportées des informations par Amnesty International sur Apartheid automatisé, Les géant de la surveillance, errror identification, caméras « augmentées » droits diminués, Ils nous surveillent et Breaking up with big tech. Amnesty fournit une importante documentation. Dans cette bande dessinée, sous forme de reportages bien documentés, la journaliste retrace les scandales passés, démontre comment nous sommes surveillées et comment nos données sont utilisées et invité à la viligence sur les outils de contrôle à venir. Les lecteurs ne pourront que constater comment nos droits humains et notre vie privée sont en danger.







