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Paléontologie. Une histoire illustrée

David Bainbridge est un biologiste, vulgarisateur scientifique et anatomiste à l’Université de Cambridge, très connu. Dans cet ouvrage, il retrace l’histoire du développement de la paléontologie, « une science assez jeune faite par des personnages brillants et aventureux ». Une très importante iconographie, reproduction de documents d’époque, gravures, croquis, figures, photos et reconstructions informatiques, accompagne les différentes périodes. Tout d’abord l’auteur raconte comment il est devenu paléontologue et a eu du « plaisir dans les ruines ». L’homme s’est toujours intéressé aux restes pétrifiés d’animaux .Dès le VIIᵉ siècle av. J.-C. les Grecs collectaient les fossiles anciens. Le savant perse Al-Biruni avança que les fossiles suggéraient que la région était autrefois sous la mer. Léonard de Vinci eut des idées remarquables sur la nature des fossiles. Bien plus tard, le personnage le plus important de la protopaléontologie est le Danois Nicolas Sténon. Il y eut aussi John Ray, Robert Hooke et James Hutton. Dans un premier temps, les scientifiques ont pris conscience que « la Terre était incroyablement vieille » ! Cette période va de 1800 à 1860 quand furent découverts les « vestiges organiques d’un monde premier ». La paléontologie moderne est née en 1811 avec la découverte d’un fossile, un reptile marin, par une jeune fille de 12 ans, Mary Anning. Jean-Baptiste Lamark a proposé l’idée que les espèces changent et peuvent s’éteindre. Georges Cuvier appliqua l’anatomie comparée à l’étude des fossiles. Il était désormais admis que les fossiles, en particulier les ammonites, pouvaient être utilisés pour donner une « date ». L’auteur cite les grands scientifiques, dont Richard Owen, qui ont travaillé au XIXᵉ siècle. Deux grandes théories, l’évolution et la sélection naturelle, furent proposées par Charles Darwin et Alfred Russel Wallace. Plusieurs pages sont consacrées à William Smith, Mary Anning et Charles Darwin. Dans le chapitre 2, « Les voies étranges de la sélection naturelle » 1860-1920, une querelle éclata quand Lord Kelvin décida que la Terre avait un âge compris entre 20 et 400 millions d’années. Ce fut une période productive par la découverte de nouvelles espèces de dinosaures. En 1891 pour la première fois les recherches portèrent sur notre propre espèce. Une découverte importante fut faite par Charles Walcott. Les « schistes de Burgess » âgés de 509 millions d’années. Puis en 1912, Alfred Wegener publia la théorie de la « dérive des continents ». Des biographies sont consacrées à Othniel Charles Marsh et Edward Drinker Cope, Charles Knight et Charles Walcott. Le chapitre 3 porte sur la période 1920-1980 «d’Indiana Jones à l’anomalie Iridium ». Ces décennies furent pour la paléontologie une période de mutation radicale allant de grands chantiers de fouille dont ceux de Henry Fairfield Osborn, dans des pays lointains, à la paléontologie universitaire « menée de façon totalement scientifique ». En 1974, en Éthiopie, fut découvert « Lucy » par une équipe franco-américaine : les paléontologues Yves Coppens et Donald Johanson et le géologue français Maurice Taieb. C’est le plus célèbre de tous les hominines fossiles. Sont présentées les vies et découvertes de Roy Chapman Andrews, de Reg Sprigg et Trevor Ford, Luis et Wlater Alvarez qui ont révolutionné le monde de la paléontologie et de Mary Leakey avec ses découvertes en Afrique dont la piste d’empreintes d’hominidés fossilisée dans la cendre volcanique. Le chapitre 4 « L’ancien moderne » va de 1880 à aujourd’hui. La paléontologie a évolué en se mêlant à d’autres sciences et elle s’est accrue en volume de recherches. Il faudrait citer les innovations apportées par la paléopathologie, les techniques de reconstruction issues de la médecine légale, l’évolutionnisme, l’imagerie médicale, l’aéro- et l’hydro-dynamique, la science environnementale, la climatologie et même l’imagerie satellitaire. Jenny Clark se consacra à la longue évolution des tétrapodes. Deux films ont stupéfié leur public : King Kong et Jurassik Park. Une découverte impressionnante survint en Sibérie en 2007 : un bébé de mammouth laineux, Yuri Khudi, complet et bien conservé ! Les origines de la vie remontent maintenant très loin. Il semble que la vie ait pu apparaitre étonnement tôt il y a presque 5 milliards d’années. Cette histoire illustrée est un ouvrage de référence passionnant montrant que « l’histoire de la paléontologie est variée, attrayante et rempli de personnages brillants, aventureux et particuliers ».

David Bainbridge, Delachaux et Niestlé

5/5
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