Cruschiform est une autrice-illustratrice de grand talent qui a pour but de nous faire changer de regard sur la nature. Après Colorama, imagier des nuances de couleurs, Cruschiform, elle explore le monde des graines qu’elle compare à de « petits bijoux techniques » Elle souhaite qu’enfants et parents partagent ensemble son admiration. Dès que vous feuilletez cet ouvrage, vous êtes saisi par la beauté de ces illustrations pleine page qui introduisent chaque chapitre et la précision des dessins de plantes qui font penser aux magnifiques planches naturalistes. L’autrice révèle l’inventivité des graines « source d’émerveillement illimitée ! ». Les formes et les structures sont révélées par un jeu de lumières. Les graines ont été choisies selon deux critères: leur esthétique et l’histoire qu’elles racontent. Cruschiform est d’une grande exigence sur le plan scientifique. Yves Paulthier, directeur de la banque des graines du Muséum national d’Histoire naturelle, fait une relecture scientifique de l’ouvrage. Pour éveiller la curiosité des enfants, la description de la graine se fait sous la forme d’une histoire pleine de poésie, inspirée par le nom et leur singularité morphologique. De ce fait, tout l’art de Cruschiform vient d’un équilibre entre science et art. Cruschiform décrit en onze chapitres les stratégies adoptées par un type de gaine pour partir à la conquête de nouveaux territoires. « D’un simple souffle », « Habillées d’un jupon, la scabieuse, d’un plumet, ou d’un parachute, le pissenlit, les multiples représentantes de ce peuple miniature ne manquent pas d’astuce ». « Au gré du vent », tous les véhicules sont autorisés, engin aéroporté, érable à sucre, planeur hors pair, le concombre de Java… « Au fil de l’eau », il faut savoir flotter, à maturité le fruit du nénufar blanc libère de minuscules graines équipées d’un flotteur. Savez-vous que le fruit du bonnet d’évêque a le pouvoir maléfique d’ensorceler les poissons ? « Tout feu, tout flamme » des graines, comme le pom-pom en Australie, profitent d’un brasier pour partir très loin… « A pas de fourmi », des graines comptent sur les fourmis pour se faire transporter. « A tire d’aile » certaines ont pour complice des oiseaux qui se régalent des gourmandises offertes. « A quatre pattes », des mammifères aussi les transportent. La chauve-souris de Madagascar, la roussette, repère les fruits blancs semblables à des lanternes dans la nuit. « En chute libre », ces graines se laissent tomber. « Avec les hommes », depuis des millénaires les hommes les transportent à travers le monde. En Arctique, la banque des graines de Svalbard abrite plus d’un million de semences venant des quatre coins du globe pour préserver la biodiversité et l’avenir de l’humanité. En fin d’ouvrage « chemins de travers », des chiffres, des records, le lotus sacré détient le record de longévité : 1 300 ans ! et un index des noms de plantes. Une exposition « graines, une prodigieuse odyssée » se tiendra d’octobre 2024 à janvier 2025 au sein du Musée des vallées cévenoles à Saint-Jean-du-Gard. Quelle merveille d’ouvrage, à la fois sur le plan scientifique et le plan artistique ! Petits et grands, vous serez persuadés que « la nature est merveilleuse, elle est une inépuisable source d’inspiration pour qui sait prendre le temps de l’observer ! »





