Tatiana Kacan-Naute, Ill. Naute, Delachaux et Niestlé (BD)
Tatiana Kacan-Naute, scientifique spécialisée dans la recherche en biologie moléculaire et entomologie, a créé un média de vulgarisation scientifique. Les dessins de Naute emmènent le lecteur dans les lieux de la recherche scientifique, en remontant le temps, à la rencontre de femmes scientifiques pour découvrir, avec d’excellents schémas, leurs travaux présentés avec fantaisie et humour. Les explications scientifiques sont très claires, donnant des exemples de la vie de la vie quotidienne pour mieux faire comprendre des concepts abstraits. Emma, étudiante en biologie, s’endort sur la paillasse. Dans son rêve, elle est devant le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. Une scientifique, Echo, lui demande de la suivre et elles se retrouvent, en 1958, à Madrid à une conférence par un futur prix Nobel. Au premier rang, Margarita Salas qui fut une brillante étudiante à la faculté de médecine. En tant que femme elle fut mise à part par son directeur de labo. La scientifique l’y emmène pour se mettre dans la lame d’observation de Margarita qui va accomplir un énorme travail sur l’étude du transfert d’informations de l’ADN à la protéine. Elle a découvert le sens de la lecture de l’ADN, elle a identifié la protéine qui permet au virus de forcer la cellule infectée de produire son propre matériel génétique afin de se reproduire. Margarita est à l’origine de la réaction de polymérisation en chaîne, PCR, utilisée aujourd’hui. Elle fut la première femme présidente d’un centre de recherche biomédicale. Et pourtant elle n’est pas très connue ! Et c’est reparti ! Echo l’emmène, en 1950, aux États-Unis au laboratoire de Cold Spring Harbor à la rencontre de Barbara McClintock dont les travaux ont été ignorés pendant plus d’une décennie. Du fait qu’elle était une femme, après son doctorat, elle n’a pas eu de poste ! Bien que mise au placard par ses collègues, elle travailla dans un laboratoire. Elles se rendent dans la cellule végétale d’un maïs. Barbara a découvert le brin sauteur, le « transposon » dont le « dissociator » qui peut mettre un gène sur on ou sur off et se déplacer dans différentes cellules. En 1951, la présentation de ses découvertes déclenche des réactions odieuses ! Ce n’est qu’en 1960 que les généticiens ont confirmé les travaux de la pionnière de la génétique moderne et la première à spéculer sur l’épigénétique. Elle a reçu le prix Nobel en 1983. Le voyage dans le temps continue ! En Allemagne, en 1915, la mathématicienne Amalie Emmy Noether étudia à l’université d’Erlangen où elles n’étaient que deux femmes et devaient demander la permission écrite aux professeurs pour assister à leurs cours. Par la suite, elle enseigna gratuitement car à l’époque les femmes n’ont pas le droit d’enseigner à l’université. Elle s’intéressait à la topologie algébrique. Elle a contribué aux travaux d’Einstein qui l’a qualifiée de « monument de la pensée mathématique » ! En 1928-1929, elle ira enseigner à Moscou et continue à poursuivre ses recherches. Emmy Noether a réussi à prouver mathématiquement que les lois de la physique sont les mêmes à tout moment : c’est le théorème de Noether. Celui-ci a permis des avancées dans différents domaines. Juive, elle sera obligée d’immigrer aux Etats-Unis. Il est temps de rentrer ! Dans ce récit graphique, un voyage dans le temps permet de remettre à l’honneur trois femmes scientifiques pionnières qui ont fait des découvertes importantes. Les conditions dans lesquelles elles ont fait leurs recherches, révèlent qu’une femme dans le domaine scientifique souffrait de sexisme et d’un manque de reconnaissance. Aujourd’hui en sciences les femmes n’ont pas encore la même place que les hommes. Il reste encore beaucoup de grandes femmes scientifiques à découvrir !







