Michel Mouze, Actes sud (Mondes sauvages)
Dès les premières pages du Livre 1 « La possibilité d’une aile », le lecteur ressent la passion très forte de Michel Mouze, enseignant-chercheur à l’Université de Lille, pour le vol animal et plus particulièrement la technique du vol à voile des vautours. « Je ne me lasse pas d’admirer la précision de ces atterrissages en pleine falaise… dans les Causses… j’apprends le vautour fauve ». Il se demande comment il en est arrivé là, lui qui a passé 15 ans à étudier les systèmes nerveux des insectes ? Le point de départ fut un stage de deltaplane qui lui fait comprendre que les évolutions des oiseaux cachent de formidables performances. Première étape : « des pattes… aux patagiums ». Il veut savoir comment fonctionne le vol d’un oiseau. Il explique avec clarté le rôle des ascendants. Tout au long du récit, des schémas permettent de bien comprendre les concepts scientifiques, par exemple, par un schéma est montrée la création de la portance selon le principe de Bernoulli. Il se rend au Québec pour travailler avec un biologiste et ne manque pas d’observer les castors, orignaux, les écureuils volants, les polatouches ainsi que d’autres vertébrés volants. L’évolution a imaginé pour ces vertébrés planeurs des solutions très variées pour les portances : celle du serpent volant, celle de l’invention de la voile, celle en milieu aquatique comme celui de l’exocet…En fait chaque lignée d’animaux a réinventé le vol plané mais pourtant des espèces d’écureuils ne volent pas ! Etape 2 : « du patagium … à l’aile delta animée ». L’aile d’un ptérosaure est aussi un patagium tendu de chaque côté. A l’aide d’un schéma, il compare un ptérosaure géant avec une aile delta actuelle utilisée pour le vol libre. Beaucoup de questions se posent à propos du vol de ces géants ! « Les oiseaux quelle classe ! ». Dans ses cours, Michel Mouze demandait à ses étudiants quels sont les impératifs à respecter pour un « vol durable » ? Il leur expliquait, d’une maniéré très détaillée, comment l’évolution avait pris en compte : plans porteurs, allégement, solidité des structures, chaîne énergétique, aérodynamique et vision des oiseaux. Quelle est l’origine du vol ? Comment en est-on arrivé au vol à voile du vautour ? Par quel processus le vol est-il apparu chez les ancêtres reptiles ? Quels sont les avantages et limites du vol battu ? La qualité d’un planeur est d’avoir « une finesse élevée, pouvoir parcourir une grande distance en perdant le moins possible de hauteur ». L’évolution s’est faite sur la forme de leurs ailes. Par un schéma est faite une comparaison entre l’envergure des ailes des oiseaux planeurs marins et terrestres. Les albatros ont des ailes immenses (envergure 3,7 mètres) très étroites et aux extrémités pointues à l’origine de performances remarquables. Le vautour terrestre, avec une aile de plus de 2,7 mètres, est un des plus grands planeurs terrestres de l’Ancien Monde. L’auteur montre comment l’évolution a conduit à une solution élégante et très performante d’iles relativement courtes, larges et terminées par de longues rémiges. Comme ils peuvent changer la forme et les caractéristiques de leurs ailes, ils ont beaucoup de possibilités de manœuvres. « Des falaises et des vautours », Michel Mouze a abandonné ses recherches en biologie moléculaire pour se consacrer aux vautours fauves dont la réintroduction avait débuté dans les Causses, Parmi les meilleurs planeurs du monde, ils présentent des caractéristiques intéressantes. Il se rend dans les Causses où il participe à plusieurs opérations dont le marquage et le baguage. Puis il va procéder à des études de terrain dont la mesure des vitesses de sol. Il lance une opération de science participative auprès des libéristes de la revue « Ascendance » sur leurs rencontres d’oiseaux au cours de leurs vols. Parmi les résultats, il a été constaté que l’aile delta est percue par les oiseaux comme un « volatile » d’une autre espèce ».
Dans le livre 2 « Sur les épaules du vautour : journal de bord d’un vautour fauve », l’auteur nous propose d’accompagner un vautour fauve pendant une journée. Il a voulu nous montrer que son déplacement nécessite « une connaissance extrêmement fine du milieu pour pouvoir utiliser au mieux les mouvements de l’atmosphère… » Ce vol a été découpé en sept phases. Lorsque le vautour prend la parole, le teste est écrit en italiques, chaque prise de parole est commentée par l’auteur. I- « Le début du vol », souvent le vautour observe ses congénères avant de s’envoler « je me secoue vigoureusement. Après un instant d’observation qui me permet de m’orienter face au vent… » Il est essentiel que l’oiseau repère la direction et la force du vent. Comment le vautour procède pour rejoindre une ascendance afin de planer puis contrôler sa vitesse air ? Qu’est-ce que l’ascendance orographique ? Comment l’oiseau connait-il son allure verticale ? Il s’est avéré que les oiseaux sur leur tableau de bord, en plus d’un indicateur de vitesse, ont un variomètre. De la même manière, avec des informations scientifiques très précises sont décrites les autres phases du vol : Départ en vol de transition, Les ascendances thermiques, Poursuite de la prospection, La curée, Retour à la colonie et Tandems. Michel Mouze rappelle que la pratique du vol à voile apparait comme LA solution judicieuse, « résultat d’un ensemble de réactions multiples et complexes mais parfaitement adaptées… ». Le rôle essentiel revient à la vision. Chez les oiseaux planeurs, les capacités des capteurs sensoriels sont au maximum. Il est bien de rappeler que l’homme s’est inspiré pour le tableau de bord d’un planeur de ce que les oiseaux ont mis au point, au fil de l’évolution : altimètre-variomètre, détecteur de glissade/ dérapage, dispositifs antidécrochage…
En conclusion « comme une ultime approche des oiseaux », Michel Mouze redit combien il admire le vol à voile des grands oiseaux planeurs : « Une activité très exigeante mais tellement plus élégante et exaltante que le vol battu pratiqué par les autres oiseaux ».
En annexe, « Le virage du vautour » Michel Mouze explique comment fait un oiseau pour tourner en décomposant le virage en quatre temps.
Michel Mouze, spécialiste en biologie animale, raconte, dans un récit vivant et captivant destiné au grand public, pourquoi il a voulu apprendre à voler comme un vautour et comment il en est arrivé à se consacrer entièrement à étudier les vautours fauves sur leur terrain, dans les Causses. Le lecteur partage sa passion de « vautourologue » en découvrant toutes les capacités physiologique et aérodynamiques extraordinaires de vol plané, acquises au fil de l’évolution » par ces vautours fauves qui font partie des meilleurs oiseaux planeurs du monde.





