Hubert Sagnières, Mike Beedell, Éric Brossier, Flammarion (Beaux livres)
Ce bel ouvrage exceptionnel de 400 pages nous invite à revivre l’épopée fascinante des grandes expéditions à travers les terres arctiques du XIX° siècle. Hubert Sagnières, compagnon de La Guilde, est auteur de plusieurs livres sur les grandes explorations. La Guilde est une association reconnue d’utilité public avec laquelle Hubert Sagnières a créé la bourse « Histoire et Explorations » pour aider au financement d’aventures de jeunes explorateurs. L’intégralité des droits d’auteurs sera reversée à La Guilde. Mike Beedell et Eric Brossier sont les conseillers scientifiques sur l’Arctique. L’illustration est absolument superbe, faite de peintures, gravures, dessins, portraits, planches botaniques, croquis techniques, cartes anciennes, documents et journaux d’époque. Sont retracées les dix aventures les plus marquantes de navigateurs occidentaux. Sir William Edouard Parry, jeune officier britannique, s’élance à la découverte du passage Nord-Ouest. Sous forme d’un journal, sont racontés avec maints détails, liste des instruments scientifiques à bord, les difficultés de la navigation et la vie quotidienne des Inuits. Il réalise des records inégalés pendant des décennies. Sir John Ross, un des plus grands explorateurs de l’Arctique, fut considéré, à cause d’une erreur, comme un renégat par l’Amirauté anglaise. Et il avait pourtant raison ! Un dessin représente le premier contact avec les autochtones en août 1818, un autre un Inuit conducteur de chiens et la plantation de l’étendard britannique sur l’emplacement du pôle magnétique. Sir John Franklin, marin et diplomate expérimenté, affronte pour la troisième fois l’océan Arctique, dans le détroit de Lancaster. Des portraits révèlent des interprètes Inuits et sur des planches les lichens recueillis par le naturaliste Back. Seuls quelques marins survivront aux prix de grandes souffrances ! Joseph René Bellot perd la vie à 27 ans en recherchant Sir John Franklin. L’équipage de l’HMS Investigator, dont est dessinée une coupe, devra sa survie au courage de quelques marins. Cette mission avait été lancée à la demande de la femme de Sir Franklin. Robert McCuire et son équipage sont les premiers à franchir le fameux passage du Nord-Ouest. Lady Jane Franklin décide Léopold McClintock de lancer une expédition avec un petit navire qu’elle a acheté. Mais des preuves de la mort de son mari sont apportées. Elle va se consacrer à la mémoire de son mari. Dr John Rae a appris à vivre comme les autochtones, « devenant le précurseur des grands explorateurs arctiques du début du XX° siècle dont Roald Amundsen. Il est montré comment construire un igloo sur une grande planche technique. Sur une autre sont dessinés les objets achetés pour l’expédition. Sur les visages des femmes les tatouages traditionnels. Sir Francis Léopold McClintock va explorer des milliers de côtes inconnues « grâce aux nouvelles techniques de survie et de déplacement en Arctique qu’il met lui-même au point ». Pendant les expéditions, les marins communiquaient par pigeons voyageurs ou en lâchant des ballons. Il va découvrir ce que sont devenus les membres de l’équipe de sir Franklin. Dr Elisha Kent Kane, médecin américain, est convaincu de l’existence d’une mer polaire libre. Mais il sera obligé de rebrousser chemin. Charles Francis Hall a passé plus de dix ans au Nord du Cercle polaire pour vivre parmi les communautés Inuits. Pourquoi sera-t-il empoisonné à l’arsenic ? Sir George Strong Nares veut atteindre le Pôle Nord. Les hommes, répartis par traineaux, iront jusqu’à l’épuisement et la mort. Dans ce superbe ouvrage exceptionnel, Hubert Sagnières rend hommage à ces hommes qui, dans des conditions extrêmes, ont montré une ténacité incroyable pour atteindre les objectifs de leur mission dont le passage Nord-Ouest et à ces peuples autochtones qui vivaient en harmonie avec la nature, détenteurs d’un savoir ancestral. Un travail remarquable a été effectué pour rassembler une somme extraordinaire d’informations et rassembler une iconographie très riche dont la reproduction de cartes anciennes, sur chaque expédition. Cette rencontre de deux mondes montre que sans l’aide des Inuits les explorateurs n’auraient pas pu réussir leurs expéditions.





