Nicolas Debon, Ill. Nicolas Debon, Dargaud
Si vous connaissez l’œuvre de François Cheng, vous retrouverez toute la beauté et la force de l’art pictural chinois dans cette bande dessinée où le talent graphique de Nicolas Debon en traduit si bien l’harmonie. Pour réaliser cette BD, « Sans-Nom », le dessinateur, qui depuis tout jeune n’arrête pas de dessiner, s’est installé au cœur d’un massif montagneux et a laissé, au fil d’une année, courir son crayon sur le papier pour traduire tout son ressenti. Il a pris conscience qu’il faut des années pour « pénétrer le mystère des choses » ! L’auteur nous invite à se poser, à prendre le temps, ce qu’aujourd’hui nous ne savons plus faire. Quand vous ouvrez cette BD, vous savez tout de suite qu’il ne s’agir pas d’une simple promenade dans la montagne. Les dessins font ressentir « la présence de forces invisibles qui influencent la nature profonde des choses », renforcée par de courts textes, des haïkus qui traduisent la perception des cinq sens. Suivant le cycle des saisons, son observation de la nature l’amène à de profondes réflexions sur la nature humaine.
Pendant onze années, il s’est consacré à l’étude des pierres, leur portant un regard si attentif qu’il en distingue les différentes expressions. Ces pierres qui « vivent, respirent, traversent le temps des hommes et les millénaires ».
L’hiver. Dans la Chine ancienne, le vide fascinait. Des peintures « invitaient le regard vers un espace imaginaire qui bien qu’invisible à nos yeux, recelait leur véritable secret ». Un homme lui enseigna l’histoire des hommes et comment la calligraphie révèle la partie cachée des choses. « Tracer un trait c’est invoquer le surnaturel ».
Printemps. Souffle, mouvement rythmé, vibration… sublimer le paysage où « montagne et eau sont les deux pôles de la vie ».
L’été. Les différentes nuances de l’encre noire lui permettent de saisir toutes les subtilités de la nature. Les sanctuaires Shintos sont là où se sent la présence forte d’un Esprit.
Automne. La beauté provient du jeu de la lumière et de l’ombre.
A la fin de sa vie, « à quatre-vingt-dix ans, je pénétrai le mystère des choses. A cent ans je serai parvenu à un degré de merveille » symbolisée par un superbe papillon et à « cent-dix ans, tout chez moi, soit un point, soit une ligne sera vivant ».
Dans cette exceptionnelle bande dessinée, vous êtes invité à prendre le temps, comme lorsque, saisi par la beauté d’un paysage de montagne, vous vivez un moment unique de sérénité. Nicolas Debon, talentueux dessinateur s’inspirant de la peinture chinoise et japonaise, nous fait pénétrer au cœur des choses, dans l’intime et la profondeur des choses cachées, rendant ainsi un vibrant hommage à « la splendeur infinie de la nature ».






