L’intelligence artificielle, un des grands sujets d’actualité, suscite beaucoup d’inquiétude dans le grand public. Depuis le lancement de ChatGPT, les hommes s’interrogent sur les relations entre machines et être humains du fait des progrès considérables réalisés par l’intelligence artificielle. Certains sont persuadés que l’IA va apporter des progrès considérables et d’autres recommandent une surveillance accrue. Alexis Gladiline-Bozion, spécialiste des sciences de l’informatique et des applications de l’intelligence artificielle, nous invite à découvrir les bouleversements réels produits par l’IA et quelles leçons nous pouvons en tirer ? Comme des milliers de personnes, l’auteur utilise chaque jour une intelligence artificielle qui est devenue « le maitre », par exemple, pour les parties d’échec. Après une histoire du jeu d’échecs, une histoire de « la rationalisation », il en ressort une suppression des aléas de la subjectivité. L’auteur explique comment s’est faite l’automatisation du jeu d’échecs. Il rappelle la fameuse défaite de Kasparov avec Deep Blue en 1997. L’IA a permis de découvrir de nouvelles stratégies de jeu. La machine est-elle plus intelligente que l’homme ? Non, en fait c’est l’équipe d’ingénieurs qui l’a conçue. Quelles sont les origines de l’IA ? Celle-ci est apparue au grand public avec le lancement du robot ChatGPT qui se présente comme un site internet qui répond à des « prompts ». L’IA sait faire des choses que personne ne sait faire dont la prédiction de la météo. La confusion entre l’IA et le « Deep learning » augmente l’inquiétude. Qu’est-ce que l’intelligence ? Quand a-t-elle été inventée ? Qu’est-ce que penser selon Turing ? Comment en est-on arrivé à cette conviction que les opérations faites par l’esprit peuvent être automatisées ? « Leibniz est le précurseur le plus notable de la réduction de la pensée au calcul ». Avec l’arrivée de l’ordinateur, il est apparu peu à peu que ce que le cerveau calcule, peut être déporté vers une machine numérique. Est-il possible de comparer le mystère du cerveau et celui de l’IA ? Les programmes qui calculent sont-ils conçus comme des cerveaux ou comme des enfants qui apprennent ? Que sont les réseaux de neurones artificiels ? Comment les faire fonctionner de manière performante ? Si on ouvre la boite noire de l’IA, on se rend compte qu’il y a une diversité de boites. « il n’y a pas une intelligence artificielle, il y a des modèles, des programmes qui effectuent différentes tâches ». Les autres chapitres portent sur différentes questions. ChatGPT est-il une intelligence artificielle générale ? Plutôt que de la confronter avec l’intelligence humaine, il est préférable de mesurer sa capacité à généraliser. Il apparait que les grands modèles de langage sont performants quand la tache demandée porte sur ce qu’ils ont déjà vu. L’intelligence humaine fait mieux : elle peut imaginer des mondes qui n’existent pas encore. Comment l’intelligence artificielle va telle transformer le monde ? A quoi vont servir ces outils d’intelligence générative ? Quel en est le coût financier et écologique ? Son explosion a entrainé la mise en place d’un nouvel arsenal juridique. La crise actuelle des échecs a pour point de départ l’affaire Niemann-Carlsen. Nieman, en regardant, avant le match, la série de coups spécifiques de Carlsen, a pu battre le champion du monde ! Puis Nieman est accusé de tricherie ! Maintenant tout le monde est accusé de tricherie. D’où l’interrogation actuelle : impossible de distinguer si un texte a été produit par un être humain ou un programme. L’intelligence artificielle est-elle la mort spirituelle de l’homme ? Dans le domaine des arts, l’absence de théorie artistique a protégé l’art de l’intelligence artificielle. Plusieurs études ont été menées pour étudier la créativité des grands modèles de langage. Des chercheuses ont construit des dispositifs expérimentaux pour mettre en évidence la différence entre innovation et imitation. Il est apparu que l’IA faisait moins bien quand il fallait innover. « Si le remplacement n’est pas à craindre, faut-il laisser ces outils sans régulation ? « Quelle est la probabilité que l’intelligence artificielle conduise à l’extinction de l’humanité ? ». Les inquiétudes viennent surtout de la rapidité des progrès réalisés en dix ans dans le domaine de l’intelligence artificielle. Faut-il se servir des scénarios de risque des œuvres de science-fiction ? Il ne faudrait pas juger trop hâtivement une tache effectue par l’IA avent de conclure que celle-ci est aussi intelligente que l’être humain. Aujourd’hui l’IA est devenue le domaine où le marketing de la peur et du grand remplacement domine, alors qu’elle devait être le triomphe de la science. Tout repose, dans l’avenir, sur le rôle que les êtres humains vont attribuer aux IA génératives. « Il faut l’utiliser pour mieux comprendre, mieux soigner, mieux produire, mieux vivre ». Quand en 2022, tout allait plutôt bien dans le monde des échecs, l’idée d’Alexis Gladiline-Bozio pour ce livre était d’utiliser le monde des échecs comme un laboratoire sociologique ». Cette « Leçon d’échecs » est un bon fil conducteur pour remonter le temps depuis les débuts de l’IA jusqu’à aujourd’hui en faisant apparaitre ses dangers mais aussi ses limites. Interrogeant nos rapports à la rationalité et à l’intelligence humaine, il montre bien qu’au-delà de la confrontation entre l’homme et la machine, c’est aux hommes d’en déterminer le rôle.
Alexis Gladiline-Bozio, Humensciences