Dés la première planche sans texte où le dessin très libre et comme fluorescent, le lecteur est plongé dans une ambiance onirique. Quel est ce mystérieux objet évoquant la civilisation Maya ? Dans une dominante blanche et bleue évoquant l’architecture traditionnelle du Mexique, un moine refuse de recevoir des Indiens qui veulent ramener une fille chez eux. C’est l’évènement dans cette bourgade perdue, une femme blanche arrive ! Elsie Appelbaum se rappelle avec émotion, les tendres moments passés avec son mari au Mexique. Elle informe le capitaine responsable de la sécurité qu’elle est à la recherche de son mari, Arthur Applebaum qui dirige des travaux archéologiques sur le site d’Alta Munkual qu’ils avaient découvert ensemble. Son mari reparti seul, depuis deux mois n’a plus donné de nouvelle. Après le diner, suite à une tentative du capitaine de l’embrasser, Elsie, dans une ambiance nocturne étrange, s’enfuie. Sur une planche superbe, une barque où se retrouvent Elsie et la fille indienne, glisse lentement au fil de l’eau… Le jour se lève, Elsie fait part de sa détresse à Amaru, l’Indien. Arrivé à son village, Amaru décide de l’aider à trouver son mari « puisque les dieux le veulent ». Karine Bernadou utilise le langage de la couleur pour exprimer la plus ou moins grande intensité des événements vécus. Après avoir absorbé la boisson « la liane des âmes », virant au rouge synonyme de danger, Elsie part dans le délire, rêve sensuel et cauchemar ! Dans le vert de la nature, les voici partis pour retrouver le mari d’Elsie. Où des hommes ont-ils trouvé la boussole de son mari ? Cette boussole réveille en elle des souvenirs, elle raconte comment en fait son mari pensait qu’elle n’avait pas à parler de leurs travaux, qu’elle était juste bonne à faire des choses pratiques. Se joue aussi un drame intérieur chez l’Indien qui veut sauver sa fille malade… Elsie se retrouve face à un personnage, portrait du colonialiste qui fait travailler des hommes comme des bêtes de somme. Pourquoi lui dit-il : « Tu ferais mieux d’implorer le pardon pour tes fautes » ? Quand elle va retrouver le campement de son mari, des images se succèdent, faisant apparaitre une tout autre image d’Arthur, portrait d’un homme violent, impitoyable ! La colère a-t-elle détruit le village, les vies indiennes ? Qu’a-t-elle vécu en fait ? Anahi sera-t-elle sauvée ? Une bande dessinée captivante, dérangeante, troublante, entre récit d’une expédition archéologique, thriller, fantastique, surnaturel et recherche initiatique pour se trouver soi-même. Des planches de toute beauté, telles des tableaux de peinture, terminent cette bande dessinée pour signifier la sérénité acquise par Elsie A. au terme de cette odyssée.

Exposition | L’Odyssée sensorielle (Terminée)
Jardin des Plantes 23 octobre – 4 juillet 2022 https://www.mnhn.fr/frexpositions https://www.mnhn.fr/frexpositions






