Camille Viéville, Ill. Charlotte Gastaut, Flammarion jeunesse
Au fil des siècles, les femmes, pour exercer leur art, durent contourner des interdits. Comme le présente Camille Viéville, historienne de l’art, « cet ouvrage raconte comment ces femmes ont courageusement enfreint les règles pour conquérir, petit à petit, les arts et leur liberté ». Six thématiques sont abordées au sein de six leçons de désobéissance, illustrées par des portraits de femmes. Chaque femme est représentée par une belle illustration de Charlotte Gastaut en accord avec son époque. Première leçon : « Comment mener sa vie librement ? ». Pendant longtemps, il n’était pas pensable qu’une femme délaisse son foyer pour se consacrer à l’art. Elisabeth Vigée-Le Brun, mariée et ayant une enfant, a refusé d’arrêter la peinture. Elle a montré qu’on pouvait être une grande artiste et mère en devenant la portraitiste préférée de la reine Marie-Antoinette. Deuxième leçon : « Comment devenir artiste sans pouvoir étudier ? ». Savez-vous que jusqu’à la fin du XIX° siècle, les femmes ne pouvaient accéder aux écoles d’art et d’architecture ? Au XV° siècle, Katherine Briconnet, épouse d’un contrôleur général des finances, eut l’audace de diriger la construction du château de Chenonceaux alors que le métier d’architecte était interdit aux femmes ! Troisième leçon : « Impossible de représenter un corps nu, ou de publier en son nom : comment contourner les interdits ? ». Jane Austen, une des plus grandes écrivaines du XIX° siècle, a publié ses romans de manière anonyme. Quatrième leçon ; « livres pour enfants, danse ou arts textiles : 10 astuces pour avoir la paix ». Des femmes se sont intéressées à des domaines délaissés par les hommes et ont inventé des formes artistiques nouvelles. Mary Cassatt est avec Berthe Morisot une des seules femmes du groupe des artistes impressionnistes. Elle a surtout peint les femmes et les enfants tels qu’ils étaient. Cinquième leçon : « Comment défendre sa créativité ? ». Savez-vous qu’au début du XX° siècle, il était bien difficile pour une femme de diriger un orchestre ou d’être photojournaliste ? Pourtant certaines n’ont pas hésité à exprimer leur créativité sans craindre les conséquences. Musidora, talentueuse dans de nombreux domaines artistiques, souhaite devenir réalisatrice. Les directeurs de studio veulent qu’elle travaille sous la direction d’un homme. Alors elle crée sa propre société de production et réalise un film audacieux ; « La Terre des taureaux ». Sixième leçon : « Comment aider les autres femmes ? ». Depuis le XVIII° siècle, des femmes se sont regroupées pour mener leurs combats à travers des textes, des réunions, l’ouverture de centres sociaux. Les féministes appellent à unir leurs forces pour combattre. Virgina Woolf, écrivaine, a dénoncé dans son œuvre, les injustices que subissent les femmes. Son livre le plus célèbre est « Un lieu à soi ».
Et aujourd’hui ? Le côté positif est l’accès possible pour les femmes d’accéder à différents métiers artistiques. Mais il reste des inégalités quant aux carrières et salaires. « En France, seuls 18 des 62 membres de l’Académie des beaux-arts sont des femmes ». Dans certains pays, les droits des femmes sont inexistants. Au Bahreïn, il est interdit de travailler hors du foyer. Marjane Satrapi, Iranienne, a dû s’exiler en France. Dans sa bande dessinée « Persépolis », elle témoigne de la violence et de la cruauté de l’Etat iranien. En fin d’ouvrage, la liste des œuvres citées et un index par domaine artistique.
Camille Vieville fait le portrait de 60 femmes artistes représentées par les belles et originales illustrations de Charlotte Gastaut, qui, au fil des siècles, ont bravé les interdits pour conquérir la liberté de créer. Donnant des exemples de femmes artistes dans différents domaines, architecture, arts plastiques, bande dessinée, cinéma, danse, littérature, mode et musique, Camille Vieville montre combien ces femmes ont eu de volonté, de persévérance, de courage pour surmonter les embûches, pour devenir des femmes artistes comme elles l’entendaient ! Une belle célébration de la résistance des femmes qui n’ont pas hésité à “désobéir » pour pouvoir exprimer leur génie artistique.







