Dans cet inventaire de 26 espèces disparues classées par ordre alphabétique, les illustrations pleine page sont d’une grande beauté, restituant chaque espèce dans son milieu d’origine. Michel Larrieu rend vivantes ces espèces, racontant leur mode de vie, l’habitat, la prédation, l’impact de la présence humaine et les causes de leur disparition. Pour chacune, sont indiquées dans un encadré, l’aire de répartition et la date d’extinction. « A comme Aepyornis maximus, l’oiseau-éléphant dont un seul œuf pouvait nourrir toute une tribu ». A Madagascar les premiers occidentaux n’ont pas cru à une légende au sujet d’un oiseau géant qui hante les marais. Geoffroy Saint-Hilaire, à l’Académie des sciences, examina un œuf énorme rapporté de Madagascar et le nomma Aepyornis, immense oiseau. Que sait-on réellement de cet oiseau ? Les mâles pouvaient peser jusqu’à 800 kilos, avec des « pattes d’éléphant ». Un seul œuf équivalait à 200 œufs de poule. Les immigrants brulèrent des forêts, apportèrent des maladies et des chiens. Sa disparition est très dommageable pour les baobabs dont ils assuraient la dispersion des graines. « H comme Hydromalis Gigas, la vache qu’on prenait pour une sirène ». En 1720, un marin croit apercevoir une sirène dans le Pacifique Nord ! En 1738, Steller, un naturaliste, après un naufrage, se retrouve sur une île et décide de capturer des spécimens. Chacun mesure près de 8 mètres de long et pèse plus de 10 tonnes. Sa peau étant ridée, on lui donne le nom de « Rhytine du grec « ridé ». Steller lui donne le non de « Vache de mer » car il ne mange que des herbes, en latin Hydrodamalis (damalis génisse et hydro eau) gigas (géante). De retour dans son pays, ayant venté les mérites de cette espèce, de nombreux bateaux partent pour cette ile et ce sera un véritable massacre durant vingt-sept ans. « P comme Pinguinus Impennis, le grand pingouin plumé pour emplumer de jolis chapeaux » était unique en son genre et lorsqu’en 1852, il disparut ce n’est pas seulement une espèce qui s’éteignit mais une branche complète de la famille des alcidés. « S comme Smilodon Populator, le tigre qui n’avait plus rien à se mettre sous le sabre ». Plus connu sous le nom de « Tigre à dents de sabre », il est représentatif de l’imaginaire de la préhistoire. Il fut le plus grand félin de tous les temps. Ses dents pouvaient mesurer jusqu’à 28 centimètres de long. A la fin du Pléistocène, les changements climatiques causèrent sa fin. A la fin du livre, un glossaire donne, en suivant l’ordre alphabétique, les notions essentielles à connaitre de A comme adaptation à Z comme zibeline en passant par I comme insulaire. Cet ouvrage est un documentaire de grande qualité de par la beauté de l’iconographie et la précision des informations sur l’anatomie, le mode de vie et les causes de disparition de 26 espèces.
Michel Larrieu, Ill. Daria Schmitt, Delachaux et Niestlé jeunesse