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Comment parler baleine ? L’incroyable avenir de la communication animale

Tom Mustil, biologiste, cinéaste et écrivain, s’est spécialisé dans les relations entre l’homme et la nature. Ses films documentaires ont remporté plusieurs prix. Cet ouvrage est né d’une rencontre en 2015, pour le moins tumultueuse, avec une baleine qui a heurté violemment son kayak, Cet incident l’a marqué à vie. Il cherche à comprendre. La baleine l’a-t-elle délibérément évité ? Serait-il possible de communiquer avec elle ? Dans l’introduction, Tom Mustill rappelle les grands scientifiques qui ont permis de faire progresser l’observation de la nature. Au XVIIe siècle, à Delft, Van Leeuwenhoek crée le microscope. A Londres, Rober Hooke, par ses inventions, est perçu comme le fondateur de la microbiologie. « Cet ouvrage est centré sur quelques pionniers de cette nouvelle ère de la connaissance – le décryptage du monde naturel ». Quelles sont les nouvelles technologies de pointe qui ont apporté une meilleure compréhension des animaux ? Comment a été modifiée la façon dont les biologistes étudient le langage des cétacés ? L’auteur se demande, si, avec des sciences et techniques en pleine mutation, il sera possible un jour de « parler baleine » ? Tout d’abord il décrit la Baie de Monterey, Californie où de nombreuses espèces cohabitent, donne des informations sur les baleines à bosse et raconte ce qu’il a ressenti lorsque la baleine a surgi. Le lendemain, une vidéo les fait connaître dans le monde entier. Il a regardé des vidéos pour voir comment les cétacés se comportent avec les hommes. Lors du tournage d’un film dans la baie de Monterey, trois choses marquantes sont à prendre en considération, il y a toujours des informations inédites qui apparaissent, des machines comme les robots sous-marins sont nécessaires et d’autres plus récentes, comme l’identification par un algorithme. Deux chercheurs de la Silicon Valley lui ont annoncé qu’ils allaient utiliser les outils les plus pointus de l’intelligence artificielle pour décoder la communication animale. Il va consulter un célèbre cétologue, le docteur Roger Payne qui lui raconte, avec émotion, en 1967 sa première écoute des sons harmonieux d’une baleine grâce à un hydrophone. Avec son équipe, il a étudié le chant des baleines. Il a fait beaucoup pour leur conservation ! L’auteur se pose une question essentielle : pourquoi nous voudrions parler baleine ? Les interactions entre espèces sont nombreuses, les symbioses sont structurées par des échanges de signaux. Comment la symbiose mutualiste a-t-elle commencé avec les cétacés ? De nombreuses histoires en donnent des exemples. Joy est une personne extraordinaire, elle pratique des nécropsies pour comprendre les causes de décès des cétacés. Cela permet d’avoir une connaissance pointue de son anatomie, en particulier la sophistication de leur système auditif et de leur générateur vocal leur permettant une grande puissance vocale. Joy l’a invité à observer l’intérieur d’un cerveau de cétacé, pour en déduire leurs capacités. Au fil de l’ouvrage, des photos éclairent les informations. Que signifie le mot « langage » pour un biologiste ? Les animaux de laboratoire ont apporté des connaissances sur le langage naturel. Il est allé voir Diana Reiss, spécialiste du système de communication des dauphins, repoussant les limites de leurs facultés à communiquer sur le mode humain. Quel futur se dessine ? Sur l’archipel d’Hawaï, le laboratoire d’observation acoustique des écosystèmes hawaïens (le LOHE), mène des expériences d’écoute très perfectionnées. Julie Oswald, bio-acousticienne, explique que les delphinidés émettent des sifflements et des rafales de clic inaudibles pour l’oreille humaine. Le modèle d’IA adopté a permis de déduire que le répertoire des dauphins contenait environ 565 types de sifflements ! Comment passer à la vitesse supérieure ? Les scientifiques vont cartographier les systèmes de communication animale comme jamais auparavant. Le CETI (Cetacean Translation Initiative) a pour but de « parler baleine » en collectant et exploitant une masse de données incroyable, avec des scientifiques de haut niveau et de plusieurs disciplines. « On peut comparer les outils d’IA à l’invention du télescope et les nouveaux ensembles de données au ciel nocturne ». Dans sa conclusion, Tom Mustill rappelle « que le sort des baleines et des dauphins repose entre les mains des humains ». Dans cet ouvrage passionnant, partant de son expérience personnelle et s’appuyant sur les travaux des spécialistes des cétacés, Tom Mustill brosse une histoire complète de la communication animale et donne les pistes de recherches en cours et pour le futur dans le but de « parler baleine ».

Tom Mustill, Albin Michel

5/5
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