Régis Marodon, Ill. Ruedj Baur, Point Nemo (Récits graphiques)
Régis Marodon, Agence Française de Développement (AFD), après plusieurs voyages d’étude dans différents pays, anime un programme de recherche en financement des objectifs du développement durable. Dans un style graphique clair et précis, en particulier dans la reconstitution des milieux et des schéma économiques, Ruedj Baur donne une identité visuelle particulière à cette bande dessinée. Sont d’abord présentés les différents personnages. Malia est journaliste, originaire du Sénégal et sensibilisée aux causes du changement climatique. Ses amies, Dora, décoratrice d’intérieur, a été secouée en apprenant que les abeilles disparaissaient et Louise, philosophe, s’interroge sur la place de l’humain dans le monde vivant et sur le rôle de l’économie pour pallier au dysfonctionnement. Nour, chercheuse en écologie au CNRS, est passionnée par ses recherches. Nils, docteur en sciences, est émerveillé par le développement d’une cellule. Beina, économiste, d’origine chinoise, pense que les chiffres ne suffisent pas. Son collègue qu’il y a une mauvaise gestion des ressources naturelles. Linda, ingénieur écologue, cherche des solutions pour éviter des projets détériorant la nature. Ken, économiste, préconise un changement des règles de jeu dans les finances. Arandu et sa femme Tala, constatent tous les jours les dommages subis par les peuples autochtones. « La sixième extinction ». Le vivant s’est toujours adapté aux changements. Mais actuellement, du fait des actions de l’Homme, une sixième extinction est en route. La journaliste Malia interroge Arandu, chef d’une population autochtone : « C’est une véritable extinction du vivant ! ». Elle rend compte de son voyage en Amazonie et se rend dans un laboratoire questionner Niels, biologiste, qui lui montre l’arbre du vivant et leur explique qu’après chacune des cinq extinctions, la nature a repris ses droits. L’extinction des espèces est très rapide. Pourquoi ? Ils vont voir Nour dans son laboratoire au milieu d’une réserve naturelle. « Eloge de la biodiversité ». Les petites fourmis et les abeilles vont nous aider à comprendre ce qu’est la biodiversité. « La force des fourmis c’est leur adaptation à tous les milieux, avec une organisation parfaite » présentée par un schéma sur double page. Comment tout s’est détraqué ? Ils vont aller voir Arandu. « Gaïa n’est ni sourde, ni aveugle ». Les scientifiques ont identifié cinq causes de perturbations des milieux naturels : destruction et fragmentation des espaces naturels : en seulement 100 ans, des petits paysans à l’agro-industrie, pollutions de l’air, des sols et des océans, surexploitation des espèces sauvages, dérèglement climatique expliqué par Niels et arrivée d’espèces exotiques, phénomène présenté par Nour. « Economiser la Terre ». La nature est considérée comme un « capital naturel » que les hommes exploitent à leur profit. Il faudrait veiller aux équilibres et pénaliser ceux qui la gaspille. Qu’est-ce que la biodiversité ? Ils se rendent à un congrès international où un économiste leur parle de deux catégories du capital naturel : épuisable ou non renouvelable et les renouvelables qui n’ont pas « le temps de se renouveler ». Puis ils assistent à une conférence sur le soleil : « combien ça couterait de remplacer le soleil » ? Il est question des services écosystémiques de régulation et des services de nettoyage que rend la nature. Respiration, prendre le temps d’admirer la nature ! « Donner un prix a ce qui a de la valeur ». Chacun a ses propres convictions sur la valeur des choses ? Comment faire pour savoir s’il est pertinent de protéger telle ressource naturelle ? Les économistes utilisent trois méthodes : « mesurer et compenser les externalités : le principe du pollueur-payeur, prendre comme référence le coût d’un service équivalent : « combien vaut une abeille ? » ou créer par le biais de quotas un marché qui organise la rareté du bien qu’on souhaiterait protéger : donner une valeur marchande à un service rendu par la nature. L’économie peut-elle sauver la nature ? Elle est majeure pour fournir des outils pour comprendre le réel. « Un autre monde possible », quelles sont les initiatives possibles pour redonner de l’espoir ? Le concept de développement durable peut réconcilier les humains pour bâtir un monde plus juste. Mais pourquoi on ne fait rien ? Il faut réaliser que les plus modestes ont peur de payer le coût de la transition écologique. La Suède, un des pays les plus égalitaires, a pu mettre en place une taxe carbone. Les gouvernements, par peur d’explosion sociales ne bougent pas ! Ils vont consulter des représentants au siège des Nations-Unies. Qu’appelle-t-on Greenwashing ? Les banques qui utilisent la finance verte pour dissimuler leurs impacts négatifs sur l’environnement. L’arc en ciel des Objectifs de Développement Durable (ODD) représenté par un schéma, définit 169 cibles. Les chercheurs scientifiques définissent six axes pour bouger. « Construire demain aujourd’hui ». Il faudrait une période de transition. Les banques ont constitué le « réseau pour le verdissement de la finance ». Il est à espérer que les investissements non durables soient pénalisés. Des fonds spécifiques dont le plus efficace le « « Fonds Mondial pour l’Environnement, ont été créés. Il y a plus de 500 banques de développement utiles pour le développement durable dont en France l’ « Agence Française de développement » (AFD). Et si on s’inspirait de solutions fondées sur la nature, comme la ville de Montréal où la nature est partout ? Il faudrait avoir plus le sens du bien commun, comme la création d’aires protégées. Et si on donnait des droits à la nature ? « A la recherche du bien-être ». La clé de notre futur commun ne serait-il pas de mette l’humain au centre ? « Alors nous n’aurons plus besoin de connaitre le prix d’une abeille pour en comprendre la valeur ! Sont conseillés des petits gestes qui changent tout. Comment impliquer les citoyens « ensemble, ici et maintenant » ? « A chacun d’imaginer son futur, ses priorités. Alors on bouge ? ». Ce roman graphique est le fruit d’une enquête de différents personnages impliqués dans l’économie et l’écologie. Le récit vivant, sous forme de dialogues apporte des informations très complètes sur tous les rouages économiques dont le « prix d’une abeille » et les enjeux écologiques rendus explicites par l’art graphique de Ruedi Baur. Comprendre l’importance vitale des liens avec la nature peut permettre à chacun de s’impliquer pour un futur durable pour tous. Une bande dessinée indispensable pour passer à l’action afin qu’un futur durable soit possible !







