Guillaume Meurice, Les Arènes
Roxane, le regard exorbité, regarde, sur une plage, le corps par endroit décharné d’un homme ! Passionnée par les cétacés, Roxane est venue en Andalousie, pour comprendre pourquoi, depuis quatre ans, des cétacés attaquent violement des voiliers. Elle se souvient avec émotion du moment, où, lors d’un voyage de classe, elle avait vu une orque jaillir hors de l’eau ! Elle était en colère contre ces humains qui réduisent ces créatures en esclavage. Wilfried Van Meyer, le plus grand spécialiste des orques, pense que « l’humain avait déclaré la guerre aux créatures de l’océan ». Les pêcheurs en colère veulent les éliminer. Roxane a toujours eu du mal à communiquer avec les autres mais là elle est décidée de se confronter aux gens. Elle se pose plein de questions sur les orques, sur leurs manières de communiquer. Elle veut absolument monter à bord d’un bateau. Enfin elle part avec Juan, un photographe et Yves, un scientifique français. Roxane cherche à croiser le regard d’une maman rorqual et de son petit … Elle apprend que le cadavre de l’homme est celui de Wilfried Van Meyer ! Un de ses collègues s’interroge, aucune attaque d’être humain n’avait été signalée. Elle a été marquée par une publication sur des orques qui avaient attaqué leur dresseur, le bilan d’une industrie funeste. Est-ce réellement une orque qui a tué le scientifique ? Au fil du récit, elle fait part de ses réflexions sur les attitudes des hommes, « les nuisibles, c’est vous ».
De retour à Clichy, elle apprend que le gouvernement autorise l’abattage de trois orques femelles… Roxane pense à sa mère, océanographe disparue en mer. Dans un bar, elle raconte, comment, jeune, elle a fugué jusqu’à Singapour pour la retrouver, écoute un philosophe parler de la communication entre les hommes. Roxane s’interroge : « il n’y pas plus urgent dans le monde que de sauver des animaux ! ». Les relations avec son père sont difficiles, un père qui ne parle pas de ce qu’il fait, de sa femme… Elle a demandé à Yves de lui envoyer les hydrophones de Wilfried qu’elle écoute et réécoute. Son ami Juan a été blessé par des pêcheurs. Elle rencontre, Marie-Eve, une ancienne collègue de sa mère, qui lui parle de la communication entre orques, avec le langage phatique, en prenant en compte la notion d’Umvelt. Marie-Eve va essayer de déchiffrer ce que disent les orques. Suite à ses crises d’angoisse, elle part chez son grand-père, proche de la nature, qui lui apprend que son père aussi se mettait en colère parce qu’il ne savait pas communiquer ses émotions. « Si les gens peinent autant à se comprendre, c’est parce qu’on leur vole leur langage… ». Sa grand-mère linguiste, faisait de la traduction du français au français, pour les articles de presse, pour rétablir la vérité. Roxane est catastrophée d’apprendre qu’Yves, à son tour, a été victime des orques !
Un message du journaliste Pablo Morata va tout remettre en cause. Guillaume Meurisse termine ce récit très documenté sur les orques par une fin émouvante !
Dans un récit captivant, Guillaume Meurisse nous amène à réfléchir sur les difficultés de communication et d’entente entre les hommes et encore plus avec les animaux. Par la fiction, dans une fable écologique, à travers une héroïne attachante qui apporte des informations scientifiques, il entrouvre une porte d’espoir à tous ceux qui cherchent à vraiment comprendre les animaux. Un magnifique témoignage d’amour pour les orques !






