Mazan, Ill. Mazan, Futuropolis (BD)
Mazan, depuis son enfance, rêve de bande dessinée et de paléontologie. Il a eu la chance de pouvoir participer, sous l’impulsion de Jean-François Tournepiche conservateur du Musée angoumoisien, au grand chantier de fouilles à Angeac-Charente où a été découvert, en 2010, un gisement exceptionnel, l’un des plus riches d’Europe. Il va nous raconter, de manière très vivante, son expérience de terrain, en tant que paléo-artiste avec ses outils de dessin et de fouilleur. Dans la préface, Philippe Taquet, célèbre paléontologue, fait part de son enthousiasme et de sa passion quand il participait aux fouilles. Par ses dessins très précis, croqués sur le vif, le lecteur va pouvoir suivre tout le déroulement des fouilles archéologiques. Il décrit, au fil des jours, la panoplie du fouilleur, la nature du terrain, les différents ossements d’animaux trouvés, les restes d’un extraordinaire herbivore géant, le fémur du plus colossal animal ayant existé sur terre. De nombreux scientifiques apportent leurs compétences. Toute la presse parle des découvertes. Le chantier s’achève, il repart avec des livres.
Retour dans le passé où, sur la côte atlantique, il est avec un professeur qui accompagne ses étudiants, cela lui rappelle les récoltes de fossiles avec son père dans son Périgord natal. Faisant œuvre de vulgarisateur scientifique, il donne des notions de paléontologie dont l’échelle des temps géologiques super bien explicitée par des commentaires et des schémas sur les périodes
En 2011, le site est rouvert. De nombreux étudiants bénévoles viennent découvrir le travail de terrain. Arrive l’équipe de l’émission de télé : «C’est pas sorcier » avec Jamy. Ronan Allain, paléontologue du Muséum, est aidé par Romain Vullo et Renaud Bourgeois. Un laboratoire de campagne a été installé. Jean-Michel Mazin a construit une station de lavage des sédiments. Un paléobotaniste recueille des échantillons. Dans de super pages documentaires, « les docus d’oncl’Mazan », est datée l’apparition des différentes espèces de dinosaures aux trias, jurassique et crétacé.
Un deuxième récit est consacré à une autre aventure paléontologique au Laos à la rencontre des Katangs, un peuple de la forêt. Mazan part au Laos participer à une mission de fouilles pendant un mois et demi. D’abord il se prépare physiquement. Il lui est expliqué l’historique et la raison des fouilles, la découverte d’un nouveau spinosaure. Il assiste à une conférence sur les spinosaures par Ronan Allain dont il donne un compte-rendu par des dessins remarquables sur le plan de l’exactitude scientifique ! Ils vont aller dans les traces de Josué-H.Hoffet, géologue, dont Philippe Taquet a repris les travaux. Aujourd’hui Ronan Allain, ancien élève de Philippe Taquet, va diriger les recherches. Ils visitent le musée des dinosaures où sont conservés les restes de Kiki, le spinosaure qu’ils vont chercher. Il apprend que les Katangs ne sont pas favorables aux fouilles car ils pensent que ce sont les restes d’un buffle sacré ! « Savan » veut dire paradis d’où mission Dinosavan signifie « les dinosaures du paradis. Juxtaposées aux dessins, des photos montrent à quel point les dessins de Mazan collent à la réalité ! Après le voyage sur la piste et l’installation, ils traversent le village de Bang Tang Vay pour arriver au site paléo. Il faut abattre une butte à la pioche, un tracteur un peu violent suscite la panique, Mazan marche sur une fourmilière… pas facile de dessiner ! Une vertèbre est découverte ? Il faut déblayer pour arriver à la couche dure. Les villageois sont contrariés, ils n’aiment pas qu’on dérange les esprits. Mazan dessine tout ce qui est nécessaire aux fouilles. Il faut savoir dans quel sens creuser. Découverte d’un humérus, de vertèbres… C’est la pause, visite du village et du site où le sauropode a été trouvé il y a vingt ans. Retour au site où il fait 57°. Nonette, spécialiste, dissèque des poissons. Il lui est demandé de faire un bouddha pour sacraliser le site. Au cours d’une exploration, la découverte d’une grenade aurait pu être tragique ! Quand il dessine une grenouille, une femme le menace, le dessin n’est pas très présent dans ces coins reculés. Où se trouve le crane ? Mais le chantier s’achève…ils se rendent sur un site à empreinte de dinosaures. Puis retour à la ville et préparation des fossiles pour le départ. Dans la postface, « les dinosaures du paradis », Ronan Allain, raconte comment les découvertes faites sur le site d’Angeac-Charente, ont dépassé toutes ses attentes. Découvrir et identifier un fossile est un grand plaisir pour le chercheur et le début d’un questionnement scientifique. Il est important d’avoir un dessinateur qui va contextualiser votre découverte. Il regrette que les missions paléontologiques ne soient pas plus aidées par les institutions. Mais heureusement « la découverte d’un fossile ou d’un gisement exceptionnel est toujours à l’origine des plus grandes avancées réalisées dans la compréhension du vivant et l’histoire de son évolution.
L’exposition « Sur les traces des dinosaures » au Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris, fait découvrir l’œuvre de Mazan, paléoartiste. Dans cette BD, Mazan raconte avec quelle passion il a participé aux premières fouilles du gisement exceptionnel d’Angeac-Charente. Puis il va vivre une autre aventure paléontologique au Laos. Son récit très vivant, très documenté sur le plan scientifique, illustré de dessins très précis croqués sur le vif, nous fait voyager dans le temps, du présent au crétacé et dans l’espace, de l’Europe à l’Asie. Un grand coup de cœur pour ce carnet de voyage insolite, fruit d’une passion pour la paléontologie.







