Sandrine Beau, Alice éditions (Deuzio)
Sous la forme d’un journal écrit depuis mars 1894 à septembre 1964, la vie d’Alice Guy est racontée à la première personne. Pendant longtemps oubliée, cette pionnière du cinéma a été remise à l’honneur. En 1894, Alice vient de trouver un travail comme secrétaire au comptoir Général de Photographie. Jusqu’à l’âge de 5 ans, elle a été élevée par sa grand-mère en Suisse. Puis elle est partie rejoindre sa famille au Chili, Son père, libraire, lui a ouvert le monde de la littérature. Après le décès de son père, elle se retrouve avec sa mère à Paris. Il fallait absolument qu’elle gagne sa vie. En mars 1895, elle fait une découverte incroyable : le cinématographe inventé par les frères Lumière. « Des images en mouvement ! ». Elle a aussitôt envie d’écrire des histoires. Son patron décide de vendre des appareils de projection pour le cinématographe. Elle lui propose de faire un film avec une saynète qu’elle a écrite. « Je fais du cinéma, mon rêve se réalise ». Monsieur Gaumont a fait installer mon premier studio. Elle fait faire des décors, engage des machinistes et des décors. « La fée aux choux » remporte un grand succès ! Elle doit sans cesse filmer de nouvelles saynètes. « Quel métier fabuleux, je crois que je ne m’en lasserai jamais ! ». Elle est heureuse de voir sa maman bien installée dans un petit pavillon. Elle réalise un grand film, « Les onze tableaux de la vie du Christ ». Les spectateurs adorent ces films comiques. En 1900, l’année de l’Exposition universelle à Paris, elle reçoit le diplôme de collaboratrice de la Société Gaumont. Monsieur Gaumont fait construire un vrai studio de cinéma sur les Buttes Chaumont. Elle devient la Directrice du Service de théâtre des prises de vue. Elle réalise son premier film sonore. Elle aime aller travailler en plein air. Elle adapte un roman de Victor Hugo, « La Esméralda ». Joseph, un jeune garçon espiègle qu’elle a embauché, est source d’inspiration. 1905 est une année importante, elle a colorisé des films. Pour Alice, quand on fait du cinématographe, il faut être ouvert à tout. George Méliès mène aussi des expérimentations, « il réalise des saynètes pleines de magie et de fantastique, alors que moi, je raconte de petites histoires ». Se posant des questions sur la place des femmes, elle fait un film où les hommes prennent la place des femmes. Elle tombe amoureuse d’Herbert Blaché, un anglais. Monsieur Gaumont leur propose de partir en Amérique pour assurer la promotion de son « chronophone » qui permet de montrer les films sonores. Après des débuts difficiles, ils partent à la conquête de l’Amérique. « Les Américains sont impressionnés par ton énergie, ton parcours, ton savoir-faire et ton obstination ! ». Elle crée sa propre production de création, la Solax. Le succès est au rendez-vous. Elle est couverte d’éloges : « Tout semble réussir à Alice Guy » Elle fait construire un nouveau studio ? Elle ose tout, même tourner des films avec des animaux sauvages ! En 1912, elle a réalisé cent-dix-neuf films. Mais en 1917 elle s’aperçoit que les résultats financiers sont mauvais. A-t-elle bien fait de laisser son mari diriger les finances ? 1918 est une affreuse année… son mari la quitte. En 1920, elle doit vendre son studio. Sa carrière aux Etats-Unis est finie ! Elle rentre en France et s’aperçoit qu’on l’a oubliée ! Elle découvre dans un journal que la première femme réalisatrice en France s’appelle Germaine Dulac. Elle est furieuse. Elle n’est pas même citée dans le livre écrit par monsieur Gaumont ! Elle se mettra à écrire ses mémoires. La reconnaissance viendra plus tard ! Par un récit très vivant et bien documenté, le jeune public va découvrir la vie extraordinaire d’une femme, une battante qui ose tout à une époque où les femmes occupaient peu de place dans le monde du travail. Elle fut la première femme cinéaste en France au sein des établissements Gaumont, puis remporta de grands succès aux Etats-Unis. Il est grand temps de remettre à l’honneur cette pionnière du cinéma !







