Jean-Marie Bonnet-Bidaud, Ill. Guillaume Duprat, Tana éditions
Un très bel ouvrage pour les fêtes de fin d’année ! Jean-Marc Bonnet-Bidaud, astrophysicien spécialiste des étoiles, bien connu pour son célèbre ouvrage 4000 ans d’astronomie chinoise, nous offre cette fois-ci un ouvrage au plus profond de la pensée des civilisations humaines quant à l’origine du monde. Pour ce faire, il s’est assuré le concours d’un très bon dessinateur cosmographe Guillaume Duprat dont les bandes dessinées au style épuré illustrent sans trahir les textes des civilisations choisies et la solennité qui s’en dégage.
Si l’auteur a choisi huit civilisations, c’est parce qu’il en a une expérience sensible pour en avoir visité les lieux les plus emblématiques et pris connaissance de leurs écrits cosmologiques, c’est aussi parce que chacune d’elles peut, dans sa lecture, apporter quelques éléments présentant des analogies avec le récit scientifique du Big Bang. Ce sera donc le vide originel pour la Chine, le chaos primordial des Dogons, la dualité avec l’Egypte, la matière énoncée par les atomistes grecs, le combat laborieux de la lumière dans l’Iran mazdéenne, le grand « barattage » du lait par Brahma, Vishnu et Siva en Inde, le feu plusieurs fois reçu par les Mayas et enfin la création divine par les monothéismes européens. Pour chacune de ces étapes, l’auteur nous fournit l’essentiel des fondements historiques, expose les points principaux des cosmologies de ces civilisations et cite de nombreux passages – toujours merveilleux, toujours poétiques – de ces sagesses humaines si variées.
Un dernier chapitre reprend les éléments principaux du récit actuel du big-bang et de son histoire, non sans en souligner les imperfections ou les zones de flou. Et surtout, en revenant sur les liens qu’il est possible de faire entre récit moderne et ces récits fondateurs.
Sur des points de détails, la vision de l’auteur pourrait être discutée, mais on se tromperait à le faire car le mérite de l’ouvrage n’est pas dans ces détails mais d’avoir su mettre en correspondance les sagesses antiques et les derniers développements de la pensée scientifique. N’y aurait-il pas là les traces d’un vrai universalisme et de devoir en conclure que le progrès matérialiste moderne ne saurait être seul l’alpha et l’oméga pour l’humanité ?






