Philippe Grandcolas, écologue et biologiste de l’évolution est directeur de recherche au CNRS. Dans cette collection « FaKe or not? », boite à outils pour décrypter les informations et aiguiser notre esprit critique, Philippe Grandcolas attire notre attention sur notre manière de traiter la nature à qui on demande de satisfaire tous nos besoins. Du fait de nos modes de vie, « la biodiversité, le vivant, la nature sont en grand danger d’effondrement » écrit Isabelle Brokman dans la préface. Afin de tirer la sonnette d’alarme, ce biologiste du CNRS, fait un état des lieux. Il a réalisé un travail de synthèse afin de communiquer, d’une manière claire au grand public, les informations essentielles, les résultats des derniers rapports… La mise en page est dynamique, avec une grande diversité de mise en valeur des informations. Le mot biodiversité a été créé en 1986 pour désigner l’ensemble du vivant. Peu à peu une culture du vivant est apparue. Le GIEC a tiré la sonnette d’alarme : le vivant se meurt ! Dans « 24 h de biodiversité », des données chiffrées démontrent que les hommes sont des « prédateurs » de la biodiversité. Chaque jour, on pêche 2,7 milliards de poissons, on largue 8200 tonnes de pesticides dans le monde, on bétonne 55 000 hectares dans le monde. Ne parler que du vivant pour définir la biodiversité est une vision réductrice . La biodiversité a trois piliers : les différents individus, les espèces et les interactions. Un exemple concret très convaincant est l’exemple de la réintroduction du loup dans le parc de Yellowstone. La réduction de l’histoire de la Planète à 24 h permet d’avoir une vision nette des échelles de temps à l’œuvre. Les humains font partie des 10 millions d’espèces de la Planète. Ils ne doivent pas oublier qu’ils sont constitués du même matériau de base qu’un cloporte ou une ortie. L’environnement a toujours été transformé par les humains mais depuis 150 ans le pillage s’est accéléré. Ce n’est pas en créant des parcs naturels ou des zones protégées que cela va diminuer les impacts. La nature ça vaut quoi ? « Sans ce que nous fournit la nature, nous serions tous affamés, assoiffés, nus et malades ». Savez-vous qu’une tomate à nécessité l’appui et la contribution de 3 000 organismes vivants pour arriver à maturité? Connaissez-vous les rôles vitaux du ver de terre pour avoir une terre fertile ? Par plusieurs exemples, Philippe Grandcolas montre les liens entre les espèces et qu’en en détruisant une, on met en danger une autre espèce. Dans le contexte actuel de réchauffement climatique, des organismes n’auront pas le temps de s’adapter. Les organismes vivants disparaissent de plus en plus vite. Des schémas bien explicites permettent de visualiser des données importantes comme celui sur la disparition des espèces. La sixième extinction des espèces est différente des autres ; elle est entièrement causée par les hommes et mille fois plus rapide. Une idée fausse est de penser que remplacer une forêt riche en espèces par une forêt de conifères est équivalent ! Le réchauffement des océans met en danger des organismes dont les baleines et les coraux. La France n’est toujours pas sortie du glyphosate ! Les insectes sont les plus affectés par les pesticides 1 000 fois plus toxiques que ceux utilisés au milieu du XX° siècle. Certains produits ne disparaissent pas ; les « PFAS », les polluant éternels ! La crise du Covid a fait prendre conscience de la fréquence d’émergence des zoonoses. Comment arrêter la guerre ? Si nous ne changeons pas notre relation à l’environnement, la planète deviendra invivable. En cherchant des solutions technologiques de plus en plus pointues, nous générons de nouveaux problèmes. Les solutions doivent être fondées sur la nature et respecter le principe de co-bénéfices, servant à la fois les sociétés humaines et l’ensemble du vivant. Contrairement aux idées reçues, une agriculture bio peut nourrir l’ensemble de la population humaine. La question de l’environnement doit être au centre des réflexions et décisions des politiques publiques. En fin d’ouvrage, un test « quel vivant es-tu ? » permet de mesurer notre place dans le grand mécanisme du vivant. Un mode d’emploi « soigner la biodiversité » donne des pistes pour agir à notre échelle. Philippe Grandcolas fait une démonstration implacable, données et chiffres à l’appui de la détérioration de notre planète et de l’extrême urgence à changer notre comportement vis-à-vis du vivant.

Exposition ESPIONS (Terminée)
À visiter en famille avec des enfants partir de 6-7 ans Ce n’est pas une exposition comme les autres : le visiteur est un personnage





