Comment habiter le monde ?

Comme l’explique la directrice de collection, Gilberte Tsaî, « Les petites conférences « sont issues de conférences qui ont eu lieu à destination des enfants et de leurs parents. Parmi les 70 titres dernièrement parus, La science des rêves et La vie des arbres. Aurélien Barrau, astrophysicien et chercheur au CNRS, est aussi philosophe et militant écologiste. Il apporte, de manière toute personnelle, des réponses à la grande interrogation actuelle : que pouvons-nous faire face à la sixième extinction ? Au début de son intervention, il répond aux éco-anxieux : « On arrête tout, on réfléchit et ce n’est pas triste ». Il cite trois faits fondamentaux : en quelques années nous avons détruit les deux tiers des populations d’insectes, tué deux tiers des animaux sauvages et exterminé les deux tiers des arbres. Les humains sont aussi impactés par de nombreux fléaux. Il s’agit de « se demander si ce qu’on appelle le progrès en est vraiment un ? ». Pour rassurer les parents présents, il annonce qu’il veut juste secouer un peu les jeunes parce que l’heure est grave. Après avoir fait part de ses réflexions sur l’IA, il en conclue que ce n’est pas l’ingénierie qui peut apporter une solution. « N’oubliez pas que penser c’est agir… ce qui importe vraiment, ce n’est pas de nous demander comment marcher, mais plutôt où nous voulons aller ». Il s’agit de construire un autre monde. Comment procéder pour enclencher un « retournement vertueux » ? Aurélien Barreau oppose le poétique au prosaïque. Cette opposition est très significative :  » Le prosaïque serait une exploitation ou une fabrication, le poétique serait une connivence ou une création ». Il cite Kateb Yacine qui « comparait le poète à un boxeur qui affronte le réel dans sa plénitude, dans ses ambigüités, dans ses intensités ». A l’aide de comparaisons, il permet de comprendre que le poétique est « le cœur de tout ce qui importe vraiment ». Il conclue cette conférence donnée le 28 avril 2024, par : « Seule, me semble-t-il, compte maintenant la révolution poétique qui engendrera une éruption de possibles et une irruption d’improbables. Tout simplement ». Puis viennent les questions du public et les réponses de l’auteur. Parmi celles-ci, une interrogation que se posent beaucoup de jeunes : « J’ai l’impression qu’un des problèmes aujourd’hui c’est la question de l’isolement. Chacun peut avoir sa bulle… Comment faire quand on a une démarche poétique face à des gens qui sont en plein délire prosaïque ? Une maman fait ce commentaire, en faisant référence à Saint Exupéry : « Quand on est une grande personne, les choses importantes ne sont plus sérieuses. Et si on rendait son sérieux à tout ça ? » Aurélien Barrau nous conduit à une profonde et salutaire réflexion, nous amenant peu à peu à penser autrement, au lieu de confier à l’ingénierie les solutions pour s’en sortir, vivre en poétique permettrait d’inventer un autre monde.

Aurélien Barrau, Bayard (Les petites conférences)

,







5/5

Publications dans la même catégorie

Urgence climatique

URGENCE CLIMATIQUE Exposition permanente à partir du 16 mai 2023 Jean Jouzel, Commissaire scientifique Cité des sciences et de l’industrie Lien : En partenariat avec

Lire la suite

Parutions la même année

VILLE DE DEMAIN

La Cité des sciences et de l’industrie présente sa nouvelle exposition conçue par la Fondation Solar Impulse : Ville de demain une exploration en 1 000+ solutions

Lire la suite

Machine arrière :radio-transistor du 6 mai au 2 novembre 2025À la Cité des sciences et de l’industrie La Cité des sciences et de l’industrie lance

Lire la suite