- Les astronomes sont parfois désespérés quand ils veulent observer un beau ciel étoilé ! Il est vrai qu’aujourd’hui, depuis les débuts de l’ère industrielle, avec les pollutions chimique et lumineuse, il est difficile de trouver un ciel pur. Des initiatives ont été prises. Le label de « Réserve de ciel étoilé (RICE) distingue les régions du monde qui jouissent d’un ciel nocturne de qualité. Autour de ce concept s’est construit le projet de l’auteur et de sa femme. Olivier Bleys est parti, en quête de ciels encore purs, dans les déserts de l’Ouest américain. En parallèle, sa compagne a mené une enquête, en voiture, auprès d’astronomes et de militants du ciel noir dans les villes du littoral de la Californie très riche en industries spatiales et aussi en associations militantes pour la préservation du ciel. Il s’agissait « d’explorer cette double réalité, le ciel terni par les pollutions du ciel et le ciel nocturne grouillant d’étoiles ». Sous forme d’un carnet de voyages, Olivier Bleys raconte, à la première personne, d’une manière très vivante,« sa marche aux étoiles », toutes ses aventures, au fil des jours, de guetteur de ciels. Le récit commence quand il s’éveille et sort de sa tente. Le lecteur sera séduit par sa belle écriture, des passages de description de la nature pleine de poésie : « cette petite brise véhicule un parfum suave… des notes de vanille et d’ananas… une senteur merveilleuse… Mes yeux cueillent surtout des couleurs, posées avec une délicatesse impressionniste sur le fond vert… » De nombreux auteurs, écrivains, poètes, peintres et scientifiques sont cités, ce qui en fait un ouvrage de référence très riche sur le plan culturel et différents domaines de sciences, nature, évolution, géologie, zoologie … et d’astronomie et d’astrophysique, histoire, grands observatoires, techniques d’observation et d’astrophotographie, radioastronomie, météorologie spatiale, nouvelles technologies … Ses descriptions d’étoiles ou de phénomènes astronomiques révèlent une grande connaissance et une passion chaque jour renouvelée. Au fil des pages, ses photographies illustrent ses propos. Il s’est attaché à décrire non pas des paysages, des landscape mais « des sceneries pour souligner le pittoresque ou le spectaculaire des tableaux naturels ». La Sierra Nevada va lui offrir de nombreuses « sceneries » magnifiques, de somptueux points de vue de montagnes, de lacs et de prairies sauvages. La Sierra Nevada est très différente de nos alpages européens. Il décrit les observatoires sur le plan technique et aussi l’histoire des hommes qui s’en occupent. Il est très intéressé par l’optique adaptative utilisée par le télescope Lick, un « véritable pays des sciences ». Au cours de sa marche, Olivier Bleys donne de nombreuses et précises informations en astronomie. Pour le lecteur c’est un peu comme s’il était à côté de lui, écoutant sur le terrain ses commentaires d’une grande clarté, bien accessibles pour le grand public. Il fait part de ses réflexions à propos de la prolifération des satellites créant de nombreux problèmes dans le ciel, parlant de « noctalgie », la nostalgie de la nuit étoilée. Il évoque un projet qu’il a mené avec le CNES, au sein de l’Observatoire de l’espace, un projet d’écriture, un Space Opéra, compte-rendu littéraire d’un vol dans l’espace. Au sommet du mont Whitney, équivalent du Mont Blanc, « un paysage se composera parmi les plus beaux de mon aventure ». Il se réjouit d’assister à une éclipse annulaire, partageant leurs expériences avec d’autres observateurs amateurs. Il ne manque pas de rappeler le rôle des femmes dans l’astronomie professionnelle dont Margaret Harwwood. Il rend visite à Doug qui a bâti de ses propres mains un observatoire avec plusieurs télescopes pilotables à distance par un étudiant en astrophysique. Il s’interroge sur le déclin qui menace certains sites prestigieux. Il ne reste plus beaucoup d’endroits sur Terre où l’on peut construire de très grands télescopes, désert d’Atacama au Chili, les volcans de Hawaï et les îles Canaries. Dans « l’Atlas mondial de la luminosité artificielle du ciel nocturne » montre que 80 % des Américains et 60 % des Européens ne peuvent plus admirer la voie lactée ! Cette pollution lumineuse peut avoir des impacts sur la faune et l’être humain. Espérons qu’un jour « Si la pollution lumineuse continue de croitre au même rythme, les citoyens finiront par se rebeller ». Olivier Bleys offre, dans un beau et vivant récit, au fil de sa marche aux étoiles, le témoignage très convaincant d’un d’un militant sincère, passionné d’astronomie, en quête de ciels sauvages afin que chacun de nous puisse continuer à observer les merveilles du ciel.

(Terminée) Exposition au Musée de l’Homme Place du Trocadéro Paris 16e
13 oct. 2021 au 30 mai 2022 Explorer nos limites, interroger notre devenir en tant qu’humain et plus globalement envisager le devenir de la planète,






