Isabelle Autissier, Zelba, Ill. Zelba, Futuropolis (BD)
Cette bande dessinée est un événement ! C’est la première BD dessinée de Zelba, championne du monde junior d’aviron et d’Isabelle Autissier, la première femme à avoir accompli, en 1991, un tour du monde en course à la voile en solitaire. Celle-ci a lancé dans « une bouteille à la mer » un SOS à l’attention de Zelda pour faire un livre ensemble. Ces deux championnes se sont immédiatement senties complices et ont voulu nous faire part de leurs réflexions, leurs craintes et aussi leurs perspectives positives. Elles sont allées à la rencontre de personnes différentes mais partageant le même souci de protéger l’océan. Tout en suggérant la beauté de l’océan et en décrivant les lieux des entretiens, Zelba apporte beaucoup d’humour ! La première page nous fait rêver : En Arctique, Isabelle sur son bateau contemple le cosmos, appréciant sa chance d’être sur la seul planète avec de l’eau. 100% de la biosphère se développe en présence ou dans l’eau ; les mers et océans nous fournissent 50% de l’oxygène et 50% des gaz à effet de serre sont absorbés. Zelba souhaite rencontrer cette Isabelle Autissier, une figure emblématique du WWF. Elle consulte sa biographie où elle découvre sa passion très jeune pour la mer, passion qui lui vient de son père qui lui a transmis le virus de la navigation et l’intérêt pour les cartes marines. Après un voyage dans le delta du Saloum au Sénégal où elle découvre l’ampleur de la pollution, des effets de l’élévation du niveau de mer, le manque de poisson, les bateaux russes illégaux…elle se rend à La Rochelle où elle a donné rendez-vous à Isabelle. Isabelle lui explique pourquoi le niveau de la mer s’élève, certaines espèces s’adaptent mais le corail lui ne bouge pas, ce qu’entrainent l’augmentation de la température et l’acidification de l’océan. Isabelle lui raconte ce qu’elle a vécu d’inoubliable, superbe double page, mer devenue un miroir laiteux, musique semblable à celle de Bach… Autre souci d’inquiétude, les forages sous-marins pour exploiter l’hydrate de méthane. A la Maison de l’Océan, elles vont rencontrer Françoise Gaill, biologiste, qui leur présente ses travaux sur des organismes extraordinaires et sur les abysses en particulier sur les sources hydrothermales décrites avec précision sur une double page. L’exploitation de nodules polymétalliques serait une catastrophe ! Elle est la co-fondatrice de la plateforme internationale Océan et climat et aussi d’IPOS pour se battre pour la durabilité de l’Océan. Isabelle l’initie aux pôles où elle a observé des morses. A la Maison des volcans elles ont rendez-vous avec Olivier Poivre, écrivain président du Conseil d’administration du Musée de la marine, à l’origine du sommet One Océan en 2022 pour décarboner le transport maritime, lutter contre la pêche illégale et réduire la pollution plastique. Le « navire de l’enfer » le plus gros chalutier pélagique du monde enfreint les lois européennes. Puis elles s’entretiennent à l’Institut agro de Rennes avec Didier Gascuel à l’origine du terme « pêchécologie » équivalent d’agroécologie. Il propose plein de solutions pour une pêche écologique, sociale et éthique. Lamya Essenlali, co-fondatrice de Sea Sheperd France est à l’origine d’actions citoyennes car « sauver les baleines, c’est sauver l’Océan et c’est donc sauver l’humanité ». Leur dernier entretien a lieu en Corse avec Pierre-Angeguidicelli, archéologue sous-marin qui lutte contre l’envahissement du plastique dans l’océan. Il a collecté des données pour le CNRS et l’IFREMER dans le cadre des sciences participatives. Le coût de cette pollution est colossal ! Il a créé « Mare Vivu » pour faire des collectes, des analyses de plastique et sensibiliser les jeunes à cette pollution. Zelba remercie Isabelle de lui avoir fait faire « ses rencontres qui lui ont ouvert une porte sur un futur possible. Un demain qui est aussi entre nos mains ». Cette BD est une nouvelle bouteille à la mer lancée pour appeler à nous mobiliser pour sauver l’Océan.





