Olivier Cappé, Ill. Claire Marc, CNRS éditions (Tout comprendre (ou presque)
L’intelligence artificielle prend une place de plus en plus grande que ce soit dans la vie professionnelle ou privée. Elle est utilisée couramment aussi bien par les jeunes que par les adultes. Mais certains ont une grande méfiance. Deux scientifiques du CNRS, Olivier Cappé, directeur de recherche au Département d’informatique de l’ENS-PSL et Claire Marc, médiatrice scientifique, facilitatrice graphique et auteure de plusieurs titres dans la même collection, donnent les informations essentielles afin de comprendre son fonctionnement. Le graphisme est essentiel, sous forme de schémas légendés, il explicite les informations, étape par étape, rendant accessibles des processus compliqués. Cet ouvrage donne la parole à vingt spécialistes, chercheurs et chercheuses du domaine, qui chacun répondent à une question. Qui a inventé l’IA ? Le terme a été utilisé pour la première fois en 1956 par John McCarthy, professeur de mathématiques. Lors de ce colloque de Darmouth, les scientifiques ont voulu trouver des solutions nouvelles pour les machines afin qu’elles puissent imiter l’apprentissage humain. Aujourd’hui l’IA désigne « l’ensemble des méthodes et technologies permettant à des systèmes comme ChatGPT d’exister ». Existe-t-il une seule façon de faire de l’IA ? Il y en a deux s’appuyant soit sur des règles soit sur des données du monde réel. Après des périodes de stagnation et de succès, les années 1990 ont été marquées par de nouvelles applications telles la reconnaissance faciale. D’où vient l’IA que l’on connait actuellement ? L’apprentissage profond, entrainer efficacement des réseaux de neurones artificiels, prend son essor avec l’augmentation de la puissance de calcul, la disponibilité massive de données (Big Data) et l’émergence de nouveaux algorithmes. Pour éviter de parler de super intelligence, il faut parler d’IA comme système ou algorithme. Qu’est-ce que l’apprentissage automatique supervisé ? Celui-ci permet d’obtenir des algorithmes de prédiction efficaces. Qu’est-ce qu’un réseau de neurones ? Comment fonctionne un grand modèle de langue ? De quel matériel a-t-on besoin pour faire l’IA ? Il faut avoir conscience que les supercalculateurs sont des structures coûteuses et énergivores ayant un impact environnemental. Qu’est-ce que l’IA générative ? Contrairement à l’IA « « discriminative qui permet d’associer une sortie à une entrée, l’IA « générative permet de synthétiser de nouvelles données à partir d’un jeu de données existant. Cette IA pose encore de nombreuses questions. L’IA voit-elle désormais mieux que nous ? Si l’IA fait mieux que l’homme dans la détection d’objets précis, elle a du mal à déchiffrer des scènes complexes. Il faut donc qu’il y ait des principes éthiques et une rigueur scientifique. L’IA peut-elle contribuer à la création artistique ? Les nouvelles techniques permettent de transférer un style ou de créer de nouvelles images mais celles-ci posent un certain nombre de questions dont celle des droits d’auteur. L’IA comprend-elle toutes les langues ? L’IA peut-elle apprendre par elle-même ? L’apprentissage par renforcement repose sur un principe clé : un agent interagit avec un environnement et choisit des actions en fonction de sa position actuelle. Il est difficile de comparer cet apprentissage à celui d’un humain. L’IA peut-elle piloter des robots ? Pour l’instant, l’IA ne permet pas que les robots soient suffisamment intelligents pour évoluer de façon autonome. L’IA peut-elle améliorer notre santé ? L’IA permet d’avoir des images d’IRM de meilleure qualité. L’IA fournit des paramètres inédits enrichissant les données des médecins. Elle est porteuse de nombreux espoirs pour la santé. L’IA peut-elle être sociale ? CHATGPT lancé en 2022 a permis de dialoguer avec une machine, appelée « robot social ». Le but n’est pas de remplacer l’humain mais de compléter ses actions. L’IA peut-elle obtenir un prix Nobel ? Elle ne peut pas faire avancer la science mais elle offre aux scientifiques de nouveaux outils, comme l’analyse d’immenses volumes de données… et des changements de méthodes. « En 2024, le prix Nobel de physique a été attribué à deux chercheurs ayant contribué au développement des neurones artificiels et le prix de chimie aux concepteurs d’ ALPHAFOLD (IA capable de prédire la structure tridimensionnelle des protéines) ». L’IA peut-elle être induite en erreur ? Plusieurs types d’attaque sont possibles. Pour améliorer la sécurité, sont explorées des attaques simulées. L’IA est-elle respectueuse de la vie privée ? Des progrès ont été faits dans les techniques visant à protéger les données mais celles-ci ne sont pas assez utilisées du fait du souci de ne pas sacrifier les performances. L’IA amplifie-t-elle les biais ? La loi Européenne de l’IA Act a pour but d’empêcher une IA qui serait construite par une majorité au détriment de minorités. Quelles sont les questions éthiques soulevées par l’IA ? La commission européenne a défini quatre principes éthiques pour une IA de confiance. Cet ouvrage est une réussite de médiation scientifique à destination du grand public, avec des schémas explicitant les informations. Il répond à vingt questions abordant tous les problèmes et enjeux techniques, scientifiques et philosophiques soulevés par l’IA. Un ouvrage indispensable pour les médiateurs de la fête de la science 2025 qui a pour thématique l’intelligence.







