Marc Dana, éditions du Rocher
Sophie Adenot est la deuxième femme française, après Claudie Haigneré, à aller dans l’espace. Marc Dana, grand reporter et vice-président des journalistes professionnels de l’aéronautique et de l’espace, a suivi Sophie Adenot pas à pas dans son parcours, depuis les premières étapes de sa sélection. Dans cette biographie, le récit est très vivant car il est entrecoupé de nombreux propos de Sophie Adenot accordés lors d’entretiens avec l’auteur et de témoignages de personnalités du monde scientifique, en particulier spatial, de toutes les étapes franchies par cette femme exceptionnelle jusqu’à son départ pour la station spatiale internationale. Dans la préface, Claudie Haigneré parle avec éloge de Sophie Adenot : « Tu es à la fois héritière et éclaireuse…Tu es là-haut parce que tu es brillante, oui- mais aussi parce que tu es profondément humaine, tout en étant cette personnalité extraordinaire qui suscite admiration et adhésion ». Sophie a vécu les épreuves de sélection, un interminable marathon, un peu comme « les 12 travaux d’Astérix ». Elle a demandé à Jean-Loup Chrétien, pour elle « la figure la plus impressionnante dans le spatial français », des conseils pour l’entrainement en Russie. Sa méthode pour franchir les étapes est le travail. En 2022, l’annonce de sa sélection est « l’aboutissement d’un parcours tracé depuis son enfance, étape après étape, mais avec une envie et une détermination sans faille ». Marc Dana l’interroge sur son « rêve d’enfant ». Son grand-père lui confie ses souvenirs d’aviation. A 10 ans, suite à une visite d’exposition du CNES, elle a envie d’explorer l’espace. La lecture de la biographie de Marie Curie la motive pour faire des sciences à haut niveau. Dans sa chambre, au collège de la Maison d’éducation de la Légion d’honneur, il y a un poster de fusée. En 1996, c’est le départ de Claudie Haigneré pour l’espace. « Des modèles et des mentors », ses parents dont sa mère, une pionnière, Jacqueline Auriol, Caroline Aigle, Valérie André l’ont beaucoup marquée. Pour elle « La Science est l’inspiration sur laquelle je vais m’appuyer. La science est l’inspiration ». « Le plan A », Sophie fait l’école SUPAERO et suit le programme de pilote privé. Elle part aux Etats-Unis pour rejoindre le MIT où elle prépare un « master of science ». Laurence Young, un pionnier des recherches sur les vols habités, est son patron de thèse. Elle est motivée par Jeffrey A. Hoffman, astronaute américain, un de ses professeurs. Parmi tous les parcours suggérés, elle choisit « l’aéronautique plein pot ». En France elle sera ingénieure de recherche en conception de cockpits. Puis elle rejoint l’Armée de l’Air pour être pilote d’hélicoptère, en tant qu’officier pilote. Elle échoue à la sélection de l’ESA pour devenir astronaute. Au sein de son escadron, « Sophie s’impose par son sérieux et sa persévérance ». Elle part effectuer une mission éprouvante en Afghanistan. En 2012, elle rejoint l’escadron « Ailes de la République » à la base aérienne de Villacoublay. Puis cinq ans après, elle va devenir une pionnière de l’hélicoptère, pilote d’essai expérimental à l’EPNER. En Angleterre, elle remporte le trophée McKenna qui lui donne une grande confiance dans ses capacités. Elle est la meilleure élève de la promotion. Elle est la première femme pilote d’essai ! Elle sait « donner et inspirer », très accessible, elle est une parfaite ambassadrice des sciences auprès du jeune public. Elle souhaite transmettre comme Claudie Haigneré. Elle anime des ateliers avec les jeunes et des rencontres avec des jeunes filles pour leur donner envie de faire des sciences et leur montrer que « tous les rêves sont possibles ». Sa « communication est contrôlée », elle s’implique beaucoup dans les messages qu’elle veut faire passer. Sélectionnée, un long parcours de dix-huit mois l’attend à « l’école de l’Espace ». Marc Dana fait son premier reportage de Sophie au Centre des astronautes européens, EAC à Cologne avec les 4 autres astronautes européens. « Votre nouvelle vie commence ! » Elle a une formation approfondie en biologie des radiations, en exobiologie et en biologie gravitationnelle. Pour la préparation physique, elle passe un brevet de plongée, est formée en sécurité et en sauvetage en milieu maritime et dans la lutte anti-incendie. Il faut aussi savoir détecter l’hypoxie en caisson hypobare. Elle fera l’expérience de la centrifugeuse aux Pays-Bas. A Houston, au centre Johnson de la NASA, elle sera entrainée aux sorties dans l’espace. En Europe elle fera le stage de survie le plus difficile de sa carrière. A bord d’un Airbus A310, elle aura son premier contact avec l’apesanteur où il faut apprendre à manipuler du matériel scientifique dont un tournevis électronique. Elle devra s’initier au maniement du bras robotique et faire l’apprentissage des premières sorties extravéhiculaires. En avril 2024, elle devient « astronaute diplômée ». En mai 2024 « un bond de géant pour Sophie », il est annoncé qu’elle est affectée à la mission. Beaucoup de travail l’attend dont 15 000 procédures à connaitre pour être opérationnel dans l’ISS. Pour l’entrainement en piscine comme pour sa sortie extravéhiculaire, il faut de longs préparatifs. Il faut savoir réagir dans les situations d’urgence pour pouvoir sauver un astronaute. Les liens se créent avec les futurs membres de l’équipage. Lors de la mission Epsilon, elle aura des expériences scientifiques à faire. Le CADMOS installé au CNRS à Toulouse, est le Centre d’Aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales. Sept expériences ont été spécialement conçues : Echofinder : quand l’IA apprend aux astronautes à faire des échographies en totale autonomie, expérience physiologique PhysioTool, Ech-Bones ou comment scanner les os… avec des ultrasons, MatISS-4 : des surfaces innovantes pour combattre les contaminations, MultISS : l’œil spectral contre les contaminations spatiales, EuroSuit : la combinaison qui incarne le rêve de souveraineté des astronautes européens, ChlorISS : faire pousser des plantes en lien avec des classes de 4500 établissements scolaires pour comparer les effets de la pesanteur et de la lumière sur les plantes, FoodProcessor : cuisiner des plats raffinés en micropesanteur, Lumina : mesurer les radiations et Every Wear : collecter des données physiologiques via l’l’iPad de l’astronaute. Le sport est une question de survie sur l’ISS. Chaque jour, les astronautes font deux heures de sport. Une nouvelle machine est inaugurée : l’E4D regroupe 4 modalités : cyclisme, rameur, tirage sur corde et des exercices de musculation. Savez-vous que près de 300 astronautes et cosmonautes ont été accueillis dans l’ISS ? Jean-François Clervoy retrace l’histoire de la mission Apollo-Soyouz et de Mir. L’ISS représente la plus vaste collaboration de l’histoire du vol habité. Des milliers de personnes collaborent pour que tout fonctionne bien. Horizon 2030-2031, l’ISS connaitra une désorbitation puis une rentrée dans l’atmosphère. La Lune est le prochain objectif de l’Europe. Deux blocs se font face : Chine-Russie et Occident. Sophie ira-t-elle un jour sur la Lune ? Si vous souhaitez comprendre comment Sophie Adenot a franchi toutes les étapes pour devenir la deuxième française à aller dans l’espace, lisez cette passionnante biographie où, dans un récit vivant et riche des propos de Sophie et de commentaires de spécialistes du spatial, Marc Dana raconte le parcours d’une femme exceptionnelle qui a été au bout de ses rêves.






