Isabelle Peretz, Odile Jacob
La musique nous fait du bien, elle nous apaise et nous stimule. Mais savons-nous ce qui se passe dans notre cerveau quand nous écoutons de la musique ? Isabelle Peretz, chercheuse en neurocognition de la musique à l’université de Montréal, a créé le Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (BRAMS). A travers de courtes nouvelles, elle nous informe sur les découvertes les plus robustes et durables de la recherche scientifique sur la musique, explicitées par des schémas précis du cerveau.
Les bienfaits de la musique sont reconnus pour soigner des troubles neurologiques. Il a été constaté des effets spectaculaires de la musique pour le patient atteint de la maladie d’Alzheimer. Sur un schéma sont localisées les régions les moins affectées par les pertes neuronales. Les patients retrouvent facilement les paroles des chansons de leur jeunesse. Une découverte importante a été faite grâce à l’imagerie par résonance magnétique. L’écoute d’un rythme déclenche de l’activité motrice dans le cerveau. Il est fortement recommandé aux patients atteints de la maladie de Parkinson d’écouter de la musique bien rythmée. La musique est également bénéfique en cas d’aphasie et d’autisme. « La musique agit non pas par de maniére magique mais par des mécanismes bien réels ». Quels sont les mécanismes les mieux établis à nos jours ? ». « La musique un euphorisant » ? Savez-vous que lorsque vous écoutez de la musique, le plaisir est lié à la libération de dopamine dans les circuits cérébraux de la récompense ? « La musique un tranquillisant » ? Il est prouvé que la musique apaise les bébés ainsi que les mamans. Savez-vous que la musique avant, pendant ou après une chirurgie permet de réduire l’anxiété ? Elle facilite aussi l’endormissement. « La musique, un analgésique » ? Des études ont été menées en laboratoire montrant que la musique atténue la douleur. Même sous anesthésie, le patient perçoit la musique. Et celle-ci agit plus rapidement que les médicaments !
« La musique incite à bouger ». Connaissez-vous le rôle du système vestibulaire dans l’oreille interne ? Cet organe ressent les vibrations liées aux mouvements. Musique et mouvement sont liés. Indirectement la musique nourrit le cerveau. « La musique, un stimulant » ? Chanter, danser ou jouer de la musique font du bien et se répercutent de façon indirecte par la suite sur la cognition et les apprentissages. « La musique, un chant de guérison ? Toutes les sociétés connaissent le pouvoir du chant d’une maman pour diminuer la douleur de son enfant. « La musique rassembleuse » ? Partager de la musique crée un « esprit de corps » et est semblable à une « caresse collective ». « La musique humanise, fait vibrer » ? La musique provoque de profondes émotions, « La musique toxique » ? Une musique violente comme un chant guerrier peut devenir un poison. « Les abus médicaux » ? Une musique excessive sur le plan sonore par exemple peut provoquer des dysfonctionnements. « Les musicothérapies ». La musicothérapie est l’accompagnement d’un patient par un thérapeute à travers la musique. Avec l’aide de l’intelligence artificielle, les musicothérapeutes pourront ajuster leurs méthodes aux émotions du patient. « La pilule musicale, un placebo ». Les bienfaits de la musique ont été démontrés par la science. Dans la société, il existe une foi ancestrale dans la musique. Cette croyance caractérise la musique d’effet placebo. « Même les plantes » ? Savez-vous que les plantes sont sensibles à la musique ? Les vibrations musicales agissent sur des cellules non auditives. De même la musique agit chez l’homme sur les cellules non spécialisées dans l’audition. Sept prescriptions médicales fondées sur la science sont recommandées dont l’utilisation de la musique pour relâcher la pression et soulager la douleur.
Isabelle Peretz offre au lecteur une passionnante démonstration argumentée par les découvertes scientifiques que la musique agit sur le cerveau comme un médicament naturel, capable de soulager, d’apaiser, de stimuler et de rassembler. Il faudrait que les pouvoirs de la musique soient plus reconnus par les acteurs de la santé publique.






