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Néandertal

Une véritable révolution s’est produite lorsqu’un squelette a été exhumé dans la petite vallée de Neander, en 1856 en Allemagne. Jusqu’à cette époque, l’Homme de Néandertal était considéré comme un être fruste et brutal, appartenant à une race inférieure. Marylène Patou-Mathis du CNRS et Pascal Depaepe de l’INRAP, ont voulu, à la lumière de cette découverte et de toutes celles qui ont suivi, redonner une image plus exacte de ce lointain cousin. Cet ouvrage suit le même plan que « Néandertal, l’expo » qui a lieu au Musée de l’Homme. Il a vécu entre -350 000 et -300 000 ans en Eurasie et au Proche Orient, sous différents climats et dans des milieux variés, ce qui démontre déjà sa capacité d’adaptation. Son portrait est brossé en trois grandes parties : « Le temps d’une journée » montre comment, chasseur cueilleur nomade, il a su utiliser les ressources naturelles pour une nourriture variée, la fabrication de ses outils et l’aménagement de son habitat. Dans « Le temps d’une vie » l’étude à l’aide des toutes dernières techniques en paléobiologie, de sa morphologie, outre ses traits physiques caractéristiques « un cousin costaud à grosse tête», permet de dire qu’il avait un langage articulé, qu’il savait se soigner à l’aide de plantes, qu’il avait des comportements sociaux, qu’il faisait preuve de sens esthétique en réalisant des parures. La découverte de tracés géométriques dans une grotte à Gibraltar montre qu’il pouvait faire preuve d’abstraction. Enfin la preuve qu’il enterrait ses morts fut apportée par une sépulture dans une grotte en Corrèze. La troisième partie, «Le temps d’une espèce » est passionnante car elle nous concerne tous directement. La phylogenèse permet d’établir les liens de parenté entre les groupes. A-t-il vécu en même temps que l’Homo Sapiens ? Ont-ils eu des relations ? Y-avait-il d’autres espèces ? Ont-ils réellement disparu ? La génétique permet de répondre à ces questions. Dans « regards d’artistes », Marylène Patou-Mathis présente toutes les formes d’art, sculptures, œuvres littéraires… qui ont été le reflet des différentes représentations souvent négatives. La reconstitution par l’artiste plasticienne, Élisabeth Daynès, de Kinga, une Néandertalienne, est révélateur du total changement de regard que l’Homme d’aujourd’hui porte sur ce cousin, « lointain dans le temps et pourtant si proche de nous ! ».

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