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Manifeste intemporel des arts de la préhistoire

Cet ouvrage invite à « une promenade intemporelle et multimillénaire, à travers l’esprit du geste, les sensibilités des matières, les corps palimpsestes, la sacralité des lieux et les impressions du cosmos ». Pascal Picq a voulu faire un hommage à la beauté de l’évolution. Depuis qu’un autre regard s’est porté sur les représentations artistiques de la préhistoire devenu un devenu un champ d’études scientifiques, nous nous apercevons que nos « ancêtres si lointains dans le temps, (sont) si proches de nous par leur pensée créative ». Pascal Picq a réalisé un magnifique travail de recherches iconographiques pour mettre en parallèle les œuvres de la préhistoire et celles d’aujourd’hui. Au début de chaque thématique, Pascal Picq brosse l’histoire des découvertes en commentant leurs apports sur le plan de l’art. Chaque œuvre est accompagnée d’informations sur le lieu de découverte, la datation et d’une explication. « L’archéologie du geste nous raconte comment, entre la main et la pensée, les hommes et les femmes de la préhistoire ont saisi leur monde ». Cette parade des arts est passionnante pouvant comparer leurs gestes dont nous avons les traces matérielles et nos gestes d’aujourd’hui. « Galet gravé de traits obliques et perpendiculaires », abri de Laugerie-Besse en Dordogne vers 22 000 à 20 000 et « 202×453 cm, 29 juin 1979, Pierre Solages » où le peintre utilise aussi des striations pour montrer la lumière de la peinture noire. « Mains négatives noires », grotte Cosquer et « Holy Man » d’Omar Reda, 2017, la main exprimant le plaisir du toucher et les différentes formes de communication. Puis le lecteur est invité à un voyage au fil des « Matières révélées ». « dans les carrières de Bibémus », Paul Cézanne, 1895 et « galets peints » grotte de Mas d’Azil en Ariège, que comprendre dans ces deux œuvres de l‘utilisation de l’ocre, des teintes rouges ? « Tête d’aurochs hérissée de rayons et de lignes géométriques », plaquettes gravées en schiste dans le Finistère et « Silex », Fernand Léger, 1932, montrent les mêmes inspirations mais sur supports différents. « Le Corps palimpseste » fait réfléchir à nos représentations du corps de nos ancêtres, du corps masculin et féminin et de la sexualité dont des femmes dans des positions érotiques. « Vénus de Galgenberg », 30 000 en Autriche et «  Maquette pour Warrior without shield » comment tous les membres n’étant pas représentés, notre imaginaire donne un mouvement à la statue ? « De la sacralisation des lieux », raconte comment les hommes ont considéré et traité les lieux où ils habitaient. « Le chaman des Trois-Frères », grotte ornée en Ariège et « Man in Bull », Jackson Pollock, vers 1938-1941, « de Lascaux à Picasso ou Pollock, les Sapiens sont fascinés par les aurochs et les taureaux ». « Saisir le cosmos » Depuis les temps préhistoriques, ce sont toujours les mêmes mythes qui se racontent, seules changent les narrations et les illusions. Les hommes et les femmes depuis toujours ont pensé à l’existence d’autres mondes. « Cercle de pierres »,170 000, morceaux de stalactites, grotte de Bruniquel dans le Tarn et Garonne et « Snake circle », Richard Long, 1991, les deux œuvres partagent la symbolique du cercle. Le lecteur est frappé par la beauté des œuvres de la préhistoire, celles-ci ayant donné de nouvelles inspirations à de nombreux artistes. Dans ce Manifeste intemporel des arts de la préhistoire, Pascal Picq célèbre l’impérieuse nécessité de la création des humains depuis la nuit des temps. Il nous offre une démonstration éblouissante de ce qu’est l’évolution, une histoire du vivant où aucune espèce n’y est considérée comme inférieure ou supérieure. Ce magnifique ouvrage est une approche passionnante de l’histoire de l’art, révélant « la récurrence d’un éternel recommencement se jouant des mêmes schèmes dans les arts du Paléolithique comme dans nos arts modernes ».

Pascal Picq, Flammarion
5/5
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