Ivan Kiriow, Larousse
Louis Pasteur est un scientifique mondialement connu, en particulier pour être l’inventeur du vaccin contre la rage et le pourfendeur des microbes. Ivan Kiriow a souhaité retracer, sur un plan chronologique, la vie et l’œuvre de Louis Pasteur qui a abordé, pendant quarante années, de nombreux domaines de recherche. Il nous invite à « se mettre dans les pas d’un homme dont toute la vie fut gouvernée par la passion de savoir ». De très nombreuses citations de Louis Pasteur et des personnes de son entourage proche, rendent la lecture très vivante et permettent de mieux appréhender sa personnalité. Dans des encadrés, sont explicités les événements et découvertes par des informations plus précises. Cet ouvrage est très intéressant car il restitue le contexte politique et social. L’ouvrage est illustré par une abondante iconographie, documents d’époque, manuscrits, portraits, peintures et photographies. Son enfance se passa dans le Jura. Sa famille lui transmit « des valeurs et des aspirations qui l’influenceront toute sa vie ». Il fut un écolier éveillé mais dissipé. Son père ne souhaite pas qu’il reprenne son métier de tanneur. Il va veiller à ce qu’il fasse des études. Il fallut attendre la troisième pour que Pasteur y prenne goût. Il est envoyé à Paris au lycée St Louis mais la vie est trop difficile et pour raison de santé, il doit revenir à Arbois. Puis au Collège de Besançon, il révèle un talent de dessinateur. Après le baccalauréat de sciences, il est admis à l’École normale à Paris. Il est de plus en plus passionné par les sciences et suit les cours d’un grand chimiste, Jean-Baptiste Dumas. Il aime expérimenter au laboratoire de chimie. Il est captivé aussi par les cours de minéralogie de George Delafosse qui va lui faire découvrir « les beautés et les mystères de la cristallographie… surtout le phénomène de l’hémiédrie, une asymétrie…qui revêtira une importance capitale dans les premières découvertes de Pasteur. Au sein du laboratoire Balard, il est formé à l’école du « système D ». Sa famille est très fière de ses deux doctorats. Pasteur s’enthousiasme pour la révolution de 1848. A regret il doit quitter son poste au laboratoire pour un poste d’enseignant à Dijon. Puis à l’Université de Strasbourg il pourra reprendre ses recherches. Il communique une découverte capitale, la dysmétrie moléculaire, à l’Académie des sciences par l’intermédiaire de Jean-Baptiste Biot, physicien, qui a assisté à son expérience : deux formes de cristaux « chirales ». Marié à la fille du recteur, il Doit affronter les étudiants. A cette époque, la spécificité de la vie est une question d’actualité. Après avoir pris la direction de la nouvelle Faculté des sciences de Lille, il va passer de la chimie à la biologie en faisant une découverte inattendue sur une nouvelle famille de molécules extraites de l’écorce de quinquina. A 32 ans il est doyen de la Faculté. Un industriel le sollicite pour résoudre des problèmes lors de la fabrication d’alcool de betterave. Il se rend sur place pour installer un laboratoire provisoire. Le problème de la fermentation est un défi. Pasteur va faire un pas de plus vers les sciences du vivant. S’opposant à la théorie dominante, il soutient que « les fermentations sont réalisées par des formes de vie microscopiques et sont impossibles sans leur concours ». Ce sera confronté, comme par la suite pour ses autres travaux, à de dures contestations dont celle du baron von Liebig. Victorieux, Pasteur va mener une grande bataille à propos de l’origine de la vie. La controverse sur les « générations spontanées » va durer cinq ans ! Nommé directeur de l’École normale supérieure, il sera sévère et très rigoureux. Il réfute la théorie de l’hétérogénie de Pouchet. Il va montrer que l’air qu’on respire est plein de microbes. Pour ses expériences décisives, il remporte le prix de l’Académie des sciences. Il va alors se consacrer aux applications pratiques de ses recherches. Il va obtenir des triomphes sur les maladies du vin et de la bière, puis celle attaquant les vers à soie. Suivra une période difficile avec de nombreux deuils et une attaque cérébrale. Après la chute du second empire, il reprend du courage pour étendre sa lutte contre les microbes aux maladies humaines. Cette fois il devra faire face aux médecins qui ne goutent pas les leçons d’hygiène de Monsieur le chimiste Pasteur ! Le premier le chirurgien anglais Lister applique la théorie des germes. Une pionnière fut l’infirmière Florence Nightingale. Pasteur demande aux médecins de se laver les mains avant d’opérer ou de manipuler leurs patients. Pasteur va mettre en pratique sa théorie microbienne des maladies infectieuses sur les animaux, le choléra des poules et le charbon des moutons. Suite à des succès spectaculaires, « Il va imposer une nouvelle méthode thérapeutique révolutionnaire : la vaccination ». Son dernier combat sera le vaccin contre la rage : premier essai de vaccination sur l’être humain. Il a fondé un établissement privé qui sera inauguré en 1887, l’Institut Pasteur qui sera un dispensaire, un centre de fabrication du vaccin et de recherche, d’enseignement et de formation aux nouvelles techniques de la microbiologie. En 1895 icône de la III° république, il sera honoré par des funérailles nationales. La biographie de Pasteur réalisée par Ivan Kiriow, docteur en histoire des sciences, est passionnante et permet de mieux comprendre comment de la chimie, il est passé aux sciences de la vie. Elle restitue, avec de nombreuses citations et une importante iconographie, sa vie privée, son parcours de chercheur, ses travaux et découvertes scientifiques et le contexte social et politique de son époque.






