La Revue dessinée (édition spéciale), Reporterre
Entre crise écologique et injustices sociales, quel avenir pour la montagne ? La Revue dessinée et le site d’information Reporterre enquêtent sur un modèle à bout de souffle. Celle-ci contient plusieurs adaptations inédites en bandes dessinées d’enquêtes et de reportages préalablement publiés. Il y aussi des chroniques et des articles originaux de journalistes. Dans la bande dessinée « C’est parti pour le chaud », les scientifiques scrutent les effets de la crise climatique plus rapide qu’ailleurs sur l’exceptionnel écosystème montagnard. Les montagnes ont subi des effets spectaculaires du réchauffement climatique. Une grande question se pose : les écosystèmes vont-ils être capables de s’adapter à la pression des activités humaines. En 2022 une étude internationale de Dirk Schmeller du CNRS alertait sur les menaces qui pèsent sur les montagnes. Braad Carison, écologue au CFEA Mont-Blanc, s’inquiète pour le lagopède. Wilfried Thuiller du CNRS alerte sur l’avenir de la flore vivant à l’étage subalpin. D’ici à 2050, il est à prévoir une réduction de 10 à 40% de l’enneigement en basse et moyenne montagne. Florence Mazier du laboratoire Géographie de l’environnement (Géode) est préoccupée par les baignades dans les lacs de montagne. Hugo Sentenac, Université de Franche-Comté, s’interroge sur les possibilités de la faune sauvage à résister au stress. Jean-Baptiste Bosson, glaciologue et fondateur de l’association « Marge sauvage », démontre l’intérêt de préserver les zones glaciaires. Dans l’article illustré de photographies « De l’art de ne pas chercher la petite bête », une augmentation des visiteurs dans les Hautes-Alpes non régulée pourrait avoir des conséquences négatives sur la faune sauvage. Dans la BD « Le hameau englouti » en juin 204 le hameau de La Bérarde a subi une crue torrentielle aux airs d’apocalypse. Quel sera son avenir ? Dans la BD « Béton maudit », il y a soixante ans tout a été fait pour développer le tourisme hivernal. Aujourd’hui, du fait du réchauffement climatique, les stations essayent par tous les moyens de continuer sur le même modèle. Mais n’est-ce pas une fuite en avant puisqu’il faudra forcément changer de modèle ? Dans la BD « Sur une autre piste » le village de Cervières démontre que sa lutte pour préserver son agriculture, porte ses fruits. Dans la BD « Au grand dam du lac », le trop grand nombre de touristes amène à une urbanisation expansive dans les zones humides et une montée excessive des prix. La biodiversité du lac est en danger. Dans la BD « le poids du monde » la pollution qui sévit au pied du Mont Everest est un véritable scandale. Les scientifiques et les sherpas dénoncent ces attitudes de ces personnes uniquement préoccupées par leur désir de réaliser un exploit. Il est urgent de protéger cette montagne mythique. Dans la BD « A en perdre la fête » est critiqué ce festival qui attire chaque année de dizaines de milliers de fêtards. La BD « Reprendre le fil » est un reportage en Ariège sur des éleveurs qui ont ressuscité la filière laine en mutualisant les acteurs. Dans la BD « Les jeux sans flamme » sont apportées les différentes critiques sur les apports des jeux pour la région. Dans l’article hors-piste « la neige n’était pas notre avenir », une journaliste grenobloise imagine quelle serait la vie d’une villageoise en 2050. A la fin de la revue, une bibliographie indique des documentaires et bandes dessinées. Ce numéro spécial fait un tour complet des problèmes qui ont surgi dans les écosystèmes montagnards du fait du réchauffement climatique. Les nombreux contributeurs scientifiques et journalistes rendent cette revue passionnante. L’alternance entre articles illustrés et bandes dessinées qui, pour chaque thème abordé, ont des styles de dessins différents, rend cette cette revue fort attrayante.







