Mayotte, 101°département français, a été ravagée par le cyclone Chido. Frédéric Joulian, anthropologue, éthologue et préhistorien, Mathias Cambreling, architecte et Aurélia Aurita, dessinatrice spécialisée en anthropologie, ont rencontré 7 artisans-jardiniers-constructeurs pour écouter leurs propositions pour réinventer Mayotte. De leurs expériences peuvent naitre des solutions non seulement pour Mayotte mais pour le monde. Pour immerger le lecteur dans les paysages et la vie sur l’île de Mayotte, est montrée toute une collection de cartes postales sépia. Juillet 2022, un Mahorais construit sa maison en bambou et témoigne sur son enfance quand on construisait un banga avec l’aide des voisins. Il regrette qu’aujourd’hui personne n’a de temps pour personne ! Mai 2023, des bidonvilles sont détruits. Sur une grande carte, sont indiquées les origines des habitants des quatre îles. Comment Mayotte est devenue Malgache ? Des dissensions surgissent et seule Mayotte reste française. Avec le durcissement de la réglementation, se développent la nuit des réseaux clandestins de migrants. La population a considérablement augmenté et la pauvreté s’est développée. Sur une double page est décrit le bambou, une herbe aux multiples qualités. Parmi les associations qui œuvrent pour trouver des solutions, « Bambou à Maytotte », Matthias s’est spécialisé dans les matériaux durables, aidé par Fred, anthropologue et par Aurélia qui va raconter cette aventure en BD, dessinant avec beaucoup de détails, au plus près de la réalité, du fait de son regard d’anthropologue. Ils vont aller interroger des « Foundis », ceux qui ont un savoir faire, pour construire en bambou. Ils arrivent devant une structure dont la charpente et les piliers sont en bambou. Conflit les emmène à une bambouseraie où il fait des ateliers d’artisanat. Comment se passe une journée à Mayotte ? L’insécurité augmente, il y a de nombreuses bandes de jeunes qui ont déserté l’école. Ils vont interroger un autre foundi, Babali qui vit dans une parcelle forestière. Il leur fait part de son savoir sur les arbre, parlant des plantes comme si elle étaient humaines. Sa sœur explique que les problèmes d’eau potable sont dus au manque de stations d’épuration. Une autre sœur cultive des ylangs-ylangs. Facile de croire aux esprits quand on est entouré par de telles fleurs ! Kolo enseigne à des jeunes en difficulté comment construire une banga, un voulé et une pirogue en bambou. Dans un jardin d’Eden, il a construit un gîte avec ses mesures à lui. Ils visitent une maison construite avec des matériaux traditionnels et autour, en construction, un village culturel. Loutfy, quatrième foundi, a construit une maison en bois. Il regrette que les gens ne sachent pas que le bois bien installé est aussi solide que le béton qui ne rend rien à la Terre ! Pour lui, nous sommes les fourmis de la Terre. Ils font une pause à l’île aux tortues. Attila, architecte urbaniste, et Faya de la chambre des métiers et de l’artisanat ont développé la construction en brique de terre compressée. Ils sont prêts à soutenir le projet de filière bambou. Enfin, ils vont chez un artisan, Mr Respect, qui fabrique des objets en bambou. Aurélia Aurita a dessiné une galerie de portraits d’hommes et de femmes qui ont un « retard d’avance ». A la fin de la bande dessinée, un important dossier illustré est consacré à la démarche anthropographique à l’origine de cette BD, les cultures constructives : des solidarités en actes, le banga et le jardin mahorais avant le milieu du XX° siècle, les pratiques qui rendent l’île inhabitable aujourd’hui, de la théorie à la pratique: planifier des actions techniques et culturelles. Est expliqué avec des illustrations, un exemple de design agroforestier pour développer une filière bois et fibres. Sylvain Gutjahr, agro-écologue, cite les actions réalisées afin de développer la filière de construction en bambou. Avec l’association BAM, des acteurs préservent les rivières. Pour la construction de l’internat et du gymnase de Kaweni, les concepteurs ont évalué le cycle de vie des matériaux ( de la coupe au retour à la terre). Pour transmettre les savoirs, des ateliers et des chantiers-écoles sont organisés dans les établissements scolaires. Par des dessins et des photographies, des exemples de valorisation de savoirs locaux sont explicités. Cette bande dessinée reportage est riche d’enseignements sur les propositions pour assurer l’avenir en valorisant les savoirs ancestraux des Foundis de Mayotte. Cette enquête donne aussi des pistes pour faire face à des situations difficiles dans le monde.

Déserts
Du 2 avril au 19 avril 2026- Grande Galerie de l’Évolution, Hall des Baleines, à la sortie de l’exposition Déserts Pour sa nouvelle grande exposition






