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La coquille Saint-Jacques sentinelle de l’océan

Tout d’abord consacrer un livre entièrement à la coquille Saint-Jacques n’est pas habituel ! Au fil de la lecture l’auteur, directeur de recherche au CNRS au LEMAR (laboratoire des sciences de l’environnement marin) raconte comment il en est venu à se spécialiser dans leur étude. Pour différentes découvertes il y a un mélange d’observations, d’erreurs, d’associations… On appelle cela Sérendipité. « Sérendipité est le mot clé pour comprendre nos découvertes et les chemins sinueux que nous avons empruntés ». La banquise en Bretagne ? C’est à cause des variations climatiques que la culture s’est développée et a donné lieu à un recensement scientifique. Comme les cernes des arbres, les lignes marquent le temps qui passe. «Le plat festif des Français est devenu un calendrier enregistrant chaque jour une réponse biologique. ». Quelle est son odyssée, quels voyages a-t-elle effectués ? Elle a des exigences de milieu, « elle est une vraie princesse au petit pois ! ». En quoi est-elle un thermomètre ? Sur le littoral nordique y a-t-il les mêmes relations entre la croissance des stries et l’environnement ? Après tâtonnements, essais dans différents laboratoires, les résultats vont montrer que la coquille enregistre dans son squelette les variations fines de température de l’eau, elle est « une machine à remonter le temps ». La description de ses différentes parties, manteau, branchie, estomac, montre qu’elle est un « couteau suisse » car chacun de ses organes a plusieurs fonctions. Après une princesse, Laurent Chauvaud la compare à une reine ! Le lecteur aura compris tout son attachement, voire son admiration pour ce mollusque ! Les expériences sur l’Île de la Réunion, dans l’étang de Thau et le lac Titicaca, vont montrer qu’elle est aussi un « révélateur de pollution »et « une archive » ! Parti sur l’Astrolabe, l’auteur fait partager sa découverte de « la beauté » lors des missions polaires. Et ce sera une nouvelle étape, en enregistrant la musique du monde sous-marin « artic blues » dans le mariage art et science, une résidence des chercheurs et de musiciens électroniques. Ce livre est à recommander pour tous les publics car l’auteur allie à un don de conteur de la science, celui d’une belle écriture. « On entend les valves des coquilles Saint-Jacques claquer, les crépitudes frotter leurs coquilles, le morse faire son bruit de biscotte, le phoque barbu chanter son besoin de sexe, les langoustes bretonnes jouer de la mandoline…  ». Les scientifiques sont aussi des littéraires !

5/5
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