Lors d’une menace exercée par une poche d’eau dans un glacier, Christian Vincent , glaciologue, a fait référence aux travaux d’un scientifique du XIX° siècle, Joseph Vallot, le plus grand connaisseur du fonctionnement des glaciers. L’auteure raconte que, pour elle, l’image associée à Joseph Vallot, était un observatoire à Chamonix sur le chemin qui mène au sommet du Mont Blanc. Elle trouva aussi dans une biographie d’Alice Guy une référence à Joseph Vallot qui avait créé des studios de tournage, ayant à cœur de participer au progrès technique. Qui était ce Joseph Vallot qui a réalisé tant de choses et qui est méconnu aujourd’hui ? Cette biographie commence en 1875 quand Joseph Vallot, 21 ans, se rend, en Suisse, à une réunion de la Société géologique de France. Jeune, il aimait beaucoup les sciences naturelles. Puis il avait fréquenté les laboratoires de la Sorbonne et du Muséum National d’Histoire Naturelle. Il sera ébloui par la beauté des montagnes ! Le jeune Vallot sera marqué à jamais par la vue de la Mer de glace. Dans la région des Pyrénées,en tant que géologue et botaniste, il aime herboriser dans la nature. Il lit beaucoup d’ouvrages scientifiques. Il pratique la photographie. Il enrichira son herbier tout au long de sa vie. Les époux Vallot adhèrent au Club alpin français. Ils vont passer de plus en plus de temps en montagne. Il devient mordu d’alpinisme et consigne ses observations dans des écrits dont des notions scientifiques en météorologie. Après avoir effectué un exploit d’alpiniste, il en tire la conclusion qu’il est indispensable d’avoir un laboratoire construit en dur, au sommet du Mont Blanc, pour mener des expériences scientifiques sur une longue durée. Le couple va se lancer, pendant trois étés, dans une nouvelle aventure, l’exploration de grottes. Sa femme, déterminée, a adopté le pantalon. Soutenu par le clan familial et en particulier par sa femme, il commence la construction qui va mobiliser 35 ouvriers et 110 porteurs. Tout le reste de sa vie tournera autour de ce laboratoire. Cette plus haute station scientifique attire beaucoup de monde. Détruit lors d’une tempête, il sera reconstruit plus grand. En 1892, une catastrophe menace les Alpes. Joseph Vallot prendra tous les risques pour trouver la cause. Son esprit d’observation et de déduction lui permettent de d’élaborer une solution, vidange artificielle de la poche glaciaire. Dans un porte-folio sont rassemblées des photographies, documents d’époque et instruments scientifiques, évoquant des moments importants dans sa vie de botaniste, géologue, météorologue, physiologiste et glaciologue. A Chamonix, la villa Vallot devint un haut lieu de la vie scientifique et un point de ralliement des intellectuels et des acteurs de la vie économique. Il recevra de nombreux prix dont celui des sciences physiques de l’Académie des sciences, il est devenu un scientifique connu et apprécié dans le monde entier. Il appartient à la classe des amateurs éclairés qui ont mis toute leur fortune au service de leurs projets scientifiques. Il fut également précurseur en photographie et soutien du septième art balbutiant. Quand sa santé sera altérée, il s’installera à Nice où il continue à travailler. Il meurt le 11 avril 1925. Après bien des vicissitudes, son refuge retrouve sa vocation initiale : servir la science. Il passe sous la tutelle du CNRS puis sous celle du Club Alpin français. A Chamonix, son esprit scientifique se perpétue dans son chalet, siège du Centre Régional d’Etude des écosystèmes d’Altitude (CREA Mont-Blanc) qui privilégie les actions de « science participative » (reportage du 13 février dans l’émission « Carnet de campagne » sur France inter). Tout d’abord botaniste, il devint, en amoureux de la montagne, massif du Mont-Blanc, géologue, glaciologue, météorologue imminents. Il a fait preuve d’audace et d’ingéniosité en construisant le premier laboratoire scientifique à très haute altitude. Quelle vie extraordinaire a mené Joseph Vallot, ce pionnier à l’esprit visionnaire qui mérite d’être aujourd’hui célébré !
Eliane Patriarca, Glénat (Hommes & montagnes)






