Matz, Ill. Jörg Mailliet, Les Arènes BD / Sorbonne Université
Le lecteur est plongé dans les flots, dans une mer déchaînée : Je suis la matrice, la mère nourricière. Toute vie vient de moi ». Ainsi est posé le but de cette bande dessinée, montrer que dés les temps les plus anciens, la mer est à l’origine de toute vie. « Tous ceux qui vivent aujourd’hui… ont des ancêtres qui sont sortis de l’eau ». L’iconographie est remarquable. Jörg a réalisé des dessins d’une grande précision sur le plan géographique, historique et technique navale, fruit d’un travail de documentation très approfondi. Avec une grande dynamique, il a reconstruit les expéditions et en particulier les batailles navales. Sorbonne Université a souhaité faire connaitre les travaux de recherche sur la mer. Des projets interdisciplinaires sont menés avec des équipes de formation et de médiation. Homo Sapiens est apparu il y a 300 000 ans. Les plus courageux sont partis l’explorer. Hatchepsout, pharaone en 1472 avant Jésus-Christ, lança le premier voyage maritime commercial de l’Histoire. Une flotte de cinq navires avec 195 personnes partit pour le pays de Pount afin de rapporter tout ce dont les Égyptiens avaient besoin pour leurs rites. Savez-vous que la démocratie vient de la mer ? Pour la deuxième fois, en 480 avant J.-C. , les Perses attaquèrent Athènes. Pour se défendre les Athéniens furent appelés à se battre. Après la victoire, les participants furent associés à la vie politique de la cité. Au X° siècle, Eric le Rouge, chassé d’Islande, prit la mer plein ouest et arriva à un pays qu’il baptisa Groenland, le « pays vert » Puis ce fut la découverte de l’Amérique par des descendants vikings. Au XIII° siècle, Kubilaï Khan et les Mongols partirent à la conquête du Japon. Au XV° siècle, Zheng He fut un des humains les plus étonnants à avoir navigué sur les flots. Il construisit les navires les plus grands bateaux jamais construits pour inspirer la peur.Le voyage qui l’a le plus marqué fut celui qui le conduisit jusqu’à la côte de l’Afrique. Mais ce pionnier des grands voyages à la voile qui fit rayonner la Chine tout autour de l’océan Indien, sombra dans l’oubli. « Depuis la nuit des temps, les humains racontent nombre d’histoires autour de moi ». Parmi les monstres et légendes, les sirènes, un calamar géant le « kraken », l’oiseau Garuda… En 1494, le Pape Alexandre VI a partagé le monde entre les Portugais et les Espagnols par le traité de Tordesillas. Mais comme le rappelle la mer : « je ne suis à personne ». Entre 1519- 1522, Magellan réalisa une grande aventure. Après de nombreuses péripéties, il fit le tour du monde démontrant qu’il n’y a qu’une seule mer, un seul océan. Au Brésil, en 1568, un envoyé de la reine du Portugal, embarque pour rentrer au pays. Il va vivre un véritable calvaire lors de son voyage. L’histoire du « grand voyage de l’argent » commença dans « la montagne riche » dans la Cordillère des Andes. Des milliers de tonnes d’argent furent envoyées en Espagne. Mais il pouvait arriver de nombreux événements… En pratique, l’argent envahit le monde… En l’an 1000, la pêche au hareng et à la tortue prit une grande importance. Jusqu’au XVI° siècle, ma mer était libre, on pêchait où on voulait. Puis Anglais et Hollandais s’affrontent. A Terre-Neuve, c’est une école pour apprendre le « grand métier ». Anita Conti, photographe et océanographe, a fait des reportages sur la dure vie des marins. Elle est la première à alerter sur l’épuisement des ressources. Au XVIII° siècle se pratiquait la traite des noirs. Il est raconté le voyage long et difficile de l’Espérance, un navire négrier, de 1749 à 1751. Connaissez-vous Jeanne Barret qui se déguisa en homme pour pouvoir embarquer à bord de l’Étoile, en tant que valet de Philibert Commerson, naturaliste et botaniste. Elle fut surnommée la « bête de somme » par les marins tellement elle était infatigable pour récolter des échantillons ! Démasquée, elle doit débarquer avec Monsieur Commerson à l’Isle de France où ils vont continuer à herboriser et constituer une extraordinaire collection. En 1819, le baleinier Essex partit pour une campagne de chasse de deux ans e demi dans l’océan Pacifique. Ses marins vont vivre un événement extraordinaire. Le bateau fut attaqué par un mâle énorme de 25 mètres ! Et le bateau fit naufrage… De 1882 à 1914 fut percé le canal de Panama. Le pont des Amériques, construit en 1962, est le premier à enjamber le canal et à relier l’Amérique du Sud à l’Amérique du Nord. Une révolution dans les transports fut l’invention du conteneur où peuvent être embarquées plus de 24 000 boites. « Les hommes se sont mis en tête de voyager sous ma surface ». Au XIX° siècle, Jules Verne invente un sous-marin révolutionnaire dont les inventions furent reprises par la suite . Après le Casabianca, le navire fantôme, pendant la seconde guerre mondiale, furent construits des sous-marin militaires. Jacques Piccard inventa le bathyscaphe qui bâtit le record de profondeur à 10 916 mètres dans la fosse des Mariannes. Aujourd’hui le Nautile de l’Ifremer peut emmener deux pilotes et un scientifique à 6 000 mètres. Pourquoi dit-on que la mer est à bout de souffle ? Les marées noires, le continent plastique, la prolifération des algues, la perturbation des courants marins, le blanchiment des coraux contribuent à rendre la mer dans un état critique. Heureusement des initiatives sont prises. La Fondation Tara travaille avec des laboratoires de recherche. La goélette Tara a pendant deux ans et demi de voyage, a parcouru 32 pays, 27 882 échantillons ont été prélevés… Des stations biologiques étudient les organismes vivants récoltés. On est à la recherche de moyens de transport moins polluants. La mer conclue : « Oui, décidément, il reste bien des mystères à percer… ». Cette bande dessinée science permet de découvrir 4 000 ans d’histoires, d’exploration et de connaissances, de L’Antiquité à nos jours sur la mer qui rappelle » Je suis la matrice, la mère nourricière. Toute vie vient de moi ». Dans un récit captivant, avec une iconographie remarquable, sont décrits les grands voyages maritimes et les « fortunes de mer » aux quatre coins du globe. Les aspects contemporains sont abordés avec la collaboration de chercheurs de Sorbonne Université. Une bande dessinée encyclopédique exceptionnelle !






