Roberto Grossi, architecte et dessinateur, a déjà publié plusieurs œuvres graphiques dont la dernière « Le grand égarement » a eu un grand retentissement. Cette bande dessinée est aujourd’hui traduite en français sous le titre « Dans l’indifférence générale ». Un rêve…un yacht en pleine mer… L’auteur emploie un terme fort « Apocalypse » pour désigner la première partie de son récit ; le récit d’un homme qui veut parler « vrai » . Il revoie ses souvenirs d’enfance. C’est drôle, le petit garçon et la Mer de glace ont disparu tous les deux à cause de la « croissance » ! Roberto Grossi fait un rappel historique d’évènements en 1783. Il fait preuve de beaucoup d’humour en opposant gâteau et réchauffement climatique : 240 ans d’exploitation des énergies fossiles et de transformation des sols. Un professeur explique à u journaliste que nos émissions changent la composition de l’atmosphère. Le dernier rapport du GIEC est alarmant ! Roberto Grosso, pour traduire cet état catastrophique, utilise une série d’ « images choc », un pot de peinture rouge qui déborde et va envahir la nature ! La mer de glace devient une autoroute ! Il écrit aussi des phrases percutantes qui frappent fort : « L’astéroïde c’est nous » ! L’auteur comme il le dit lui-même est « direct ». L’humanité aurait pu être placée dans des conditions désastreuses. Au lieu de cela, par des dessins d’une beauté émouvante, il montre la chance que nous avons : un système parfaitement équilibré…Mais nous sommes dans une situation où « tout retour devient alors impossible ». Ne vous est-il pas arrivé de revenir sur un des lieux de votre enfance et ne rien reconnaitre ? Ne savez-vous pas que tout est lié : glaces, atmosphère, eau, sols, forêts, chaines biologiques ? Le professeur parle de circulation thermohaline et le journaliste lui dit que les scientifiques exagèrent toujours ! Le problème est que les gens ne considèrent pas les questions dans leur ensemble. Comme sur une planche d’entomologie, les insectes prennent la parole. Avez-vous déjà remarqué que votre pare-brise, quand vous roulez est toujours propre ? Le journaliste veut des chiffres : entre 1970 et aujourd’hui , les populations de vertébrés ont chuté de 60 %…. et pourtant « la biodiversité est essentielle à notre propre survie ». Le professeur continue d’exposer au journaliste les maux subis par notre planète, la sixième extinction de masse : l’érémocène, l’ère de la solitude. Pourquoi parle-ton d’inégalités quand on parle des responsables du réchauffement climatique ? Roberto Grossi dresse un constat sévère de la nature du capitalisme, soif de consommer, pilleur historique, dévastation des pays pauvres… contrastes très forts entre deux photos juxtaposées, un canot surchargé de migrants et un yacht avec un seul homme ! … « L’astéroïde ce n’est pas l’activité humaine, c’est le capitalisme » : l’ère du capitalocène. Tout est dit ! On s’habitue à la guerre. « La guerre suit la même logique que le capital » Vers quelle phase allons-nous ? Plutôt que de regarder les choses en face, le « refoulement » devient l’attitude que nous adoptons « pour maintenir quelque chose d’insupportable à distance ». Les premiers à hurler ont été, en 1972, les membres du Club de Rome. Il faudra attendre 1997 l’accord de Kyoto, fortement mis en cause par la suite. On a essayé de mettre la faute sur les individus. Et nous ? Pourquoi des assemblées d’urgence ne sont pas organisées ? Ne faut-il pas revoir notre attitude vis à vis de la nature et des autres êtres humains, « une vie fondée sur l’équilibre, jamais sur la domination absolue ». toute une palette d’actions sont à mener : « c’est la lutte pour la vie… Nous avons le choix » ! Dans la postface, Clément Sénéchal, philosophe, expert des enjeux climatiques, commente ce drame historique que nous vivons : « destruction délibérée du seul écosystème favorable à l’épanouissement de la vie humaine… Roberto Grossi livre une critique époustouflante du monde social. Il nomme l’adversaire principal, le capitalisme « dans l’indifférence générale ». Des diapositives montrent l’évolution des paysages de la région de Chamonix entre 1978 et 2024. Ce roman graphique est d’une grande force, avec un graphisme provocateur, Roberto Grossi aborde les problèmes du réchauffement climatique dans son ensemble, scientifique et politique, montrant comment le responsable, le capitalisme agit dans « l’indifférence générale ».

En quête d’eau. Une aventure au cœur du cycle de l’eau
Dans cette BD, Sophie, une jeune bachelière et son chat Souris, rapetissés à la taille moléculaire, vous emmène à la découverte des propriétés de l’eau.






