Le récit commence à Timimoun, l’oasis rouge, dans le Sahara algérien. Alia, jeune architecte, est venue pour construire une maison d’hôte. Elle est toute surprise par la fraicheur qui règne dans la petite auberge. Mustapha lui explique que c’est dû à la terre qui garde la fraicheur nocturne et la diffuse dans la journée. Cela la décide de construire en terre ! Mais cela ne convient pas du tout a celui qui a passé commande. La terre c’est pour les pauvres ! Alia est étonnée que du sable soit apporté d’Alger car le sable du désert est trop fin ! Elle se rappelle l’enseignement qu’elle a reçu à Paris, histoire du béton depuis les Romains, le clinker, le ciment Portland… des constructions célèbres le Musée Guggenheim, la villa Savoye et la Cité radieuse de Le Corbusier… Le projet est abandonné. Rentrée en Suisse, elle continue à faire des projets en béton. Mais elle est toujours taraudée par un doute à propos du béton . Elle se rend à Genève pour rencontrer le spécialiste du sable à L’ONU , Pascal Pedduzy qui leur raconte les trafics de sable qui ont lieu dans le monde, lui faisant prendre « conscience de la valeur économique du sable et du désastre écologique » : deux fois plus de CO2 que tout le trafic mondial ! Les conséquences sont terribles pour les populations des bords de mer. Son ami journaliste, Claude, va publier une enquête. Il se rend chez des agriculteurs qui doivent faire front à un projet d’extraction de sable qui va nuire au terroir. Claude a rendez-vous avec une entreprise qui, pour couler le béton, ajoute du sable et du ciment. Sur une planche, il est démontré comment celle-ci s’est enrichie en utilisant une gravière épuisée. Le 14 aout 2018, à Gênes un pont s’écroule ! Alia donne les explications techniques de cet accident. La maladie du béton qui rouille menace d’autres ouvrages d’art. Claude reçoit des documents qui révèlent une guerre très dure entre deux grands groupes du béton, avec un trafic de terres agricoles pour en récupérer le sable. Pour illustrer cette situation, Antoine Maréchal représente, sur une double page, avec des dessins très caricaturaux : « le combat des titans ». Faisant une parodie de Star Wars, sont indiquées les productions des groupes. Une fois le confinement terminé, Alia se rend à une conférence du géologue français Guillaume Habert, le grand spécialiste du béton. A l’aide de schémas chiffrés, il est montré que le béton est le matériau le plus destructeur de la planète. Guillaume Habert présente les solutions pour diviser par deux les émissions du béton. Alia fait connaissance de membres de l’association Extinction et rébellion qui lui décrivent la situation dans le grand Paris. Un scandale a éclaté, des reliquats de béton et de produits chimiques ont été déversés dans la Seine. Le plus révoltant est que les multinationales communiquent sur leurs engagements « verts » pour réduite les émissions de CO2. Désespoir d’Alia devant une grande affiche où il est écrit « le béton est écologique » ! Pourrait-on échapper au tout-béton et enfin adopter d’autres matériaux ? Gilles Perraudin, un des pionniers de l’architecture bioclimatique, leur apprend que l’architecte Fernand Pouillon, dans les années 1950-1960, construisait en pierre. Ils rencontreront des spécialistes du bois, de la paille, de la terre, du réemploi de déchets de construction. Des dessins très précis montrent comment est conçue la construction d’une maison en paille. En fin d’ouvrage sont données des biographies des scientifiques et journalistes cités, des notes et références apportant des précisions et une bibliographie. Comme le dit Alia en conclusion « Il faut se rendre à l’évidence , à l’ère de l’anthropocène, le tout-béton est fondamentalement une pratique du passé ». Cette bande dessinée, réalisée par deux architectes et un graphiste, fait connaitre au grand public, à travers le problème du sable, la gravité des conséquences de l’emploi du béton pour notre planète et quelles sont les solutions pour y remédier. Une bd écologique indispensable !

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Musée des Arts et Métiers17 octobre 2023 au 12 mai 2024 Le musée des Arts et Métiers plonge les visiteurs dans l’univers fascinant de l’exploration.





