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Arts et préhistoire

« L’histoire de l’art préhistorique est une discipline très jeune, apparue dans la seconde moitié du XIXe siècle, au gré des découvertes des œuvres et des sites préhistoriques. Les parois des grottes et des abris-sous-roche dévoilent des gravures et des peintures d’une qualité exceptionnelle, malgré parfois l’usure du temps… N’oublions pas l’essentiel de ces œuvres : leur beauté ! Si elles nous touchent encore aujourd’hui, dans notre monde globalisé où tout s’accélère, c’est qu’elles illustrent aussi la capacité des humains à se projeter dans un univers mental. La vitalité des traits ou la chatoyance des couleurs convoquent un imaginaire perdu qui résonne encore. » écrit Aurélie Clémente-Ruiz, directrice au Musée de l’Homme, dans la préface. Cet ouvrage est le catalogue de l’exposition « Arts et préhistoire » qui a lieu au Musée de l’Homme. Il a été rédigé par de nombreux spécialistes sous la direction des deux commissaires Patrick Paillet et Éric Robert, archéologues, préhistoriens, maîtres de conférences au Muséum national d’histoire naturelle. L’iconographie est très abondante. De nombreuses œuvres reflètent la richesse des formes et des expressions et sont reproduites des images numériques d’œuvres du monde entier. Une première partie « Le besoin de représenter » montre qu’il y a 40 000 ans, suite à l’arrivée des Homo Sapiens, il y a eu un besoin à l’échelle mondiale de créer des représentations artistiques dans de nombreux lieux, sur des parois de grottes et sur des objets du quotidien. Une statuette «Homme-lion » a dû demander 150 heures de travail minutieux. Des techniques, matières et formes différentes ont été utilisées, comme les gravures dans la pierre, les girafes du désert Le Ténéré au Niger. Cet art a été pensé sous toutes ses dimensions comme le montrent le Petit cheval de Lourdes et le Panneau des chevaux ponctués. Dans la deuxième partie « L’homme, l’animal et le signe » sont décrits la faune et le bestiaire, constatant que certains animaux sont exceptionnels comme les oiseaux et les antilopes. Il n’est connu qu’une seule représentation de sauterelle. La représentation des humains est subjective avec parfois une combinaison avec l’animal. La place des femmes est largement dominante. La troisième partie « Chacun son style » est consacrée à des approches différentes du fait des limites de la datation. Il s’agit de trouver des critères discriminants comme les formes des têtes. « Pour une anthropologie de l’art préhistorique », cette quatrième partie raconte les petites histoires de la reconnaissance de l’art préhistorique par des découvertes importantes comme celle, en mai 1984, à Tursac en Dordogne, d’un bâton percé orné d’une tête de mammouth prouvant leur existence à cette époque. Dans la cinquième partie, est étudiée « Une icône, la Vénus de Lespugue », un geste artistique et esthétique unique. « Une épuration, une simplification et une géométrisation des formes unique pour son époque ». Plusieurs Vénus sont comparées avec des femmes contemporaines comme « Femme » de Louise Bourgeois et « Vénus » de Niki de Saint Phalle. Picasso s’est inspiré de l’univers des formes de la préhistoire. La sixième partie « Quoi de neuf ? » fait état des dernières découvertes (2014-2019) faisant apparaître des richesses artistiques encore méconnues. De nouveaux outils sont utilisés dont ceux de micro-analyses non invasives. Ce nouveau regard permet de restituer l’extraordinaire richesse et la pluralité des comportements des hommes quant à leurs créations artistiques. Enfin il est attiré notre attention, dans la septième partie, ce patrimoine artistique est en danger. En fin d’ouvrage, glossaire, index des sites, bibliographie et liste des auteurs. Cet ouvrage est un événement dans l’étude des relations art et science. Il nous emmène à la rencontre de merveilleux artistes dans le monde entier, dressant un panorama des arts de la préhistoire. Comme l’écrit Aurélie Clémente-Ruiz, « Le mystère de ces chefs-d’œuvre continue de nous fasciner comme les premières traces conceptuelles de nos ancêtres ». Cette richesse artistique reste fragile. Il est de notre devoir de la protéger.

Patrick Paillet, Éric Robert (Dir.), Museum National d’Histoire Naturelle (MNHN)

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