Catherine Meurisse, Dargaud (BD)
Catherine Meurisse s’est inspirée de la vie et de l’œuvre de Henry David Thoreau, considéré comme l’un des précurseurs de la pensée écologique, pour, dans cette bande dessinée, allier fiction et réalité. De magnifiques aquarelles, évoquant de superbes paysages légendées de citations de Henry David Thoreau, « sois sauvage et luxuriant comme ces fougères et ces fourrés », ouvrent le récit où la nature est l’héroïne. Thoreau dialogue avec des animaux, doués de parole, qui lui reprochent d’avoir coupé de jeunes arbres. Une fois sa cabane, construite au bord de l’étang de Walden, « il rêve de jouir de la nature… ». Les animaux l’observent et se demandent si cet humain va rester longtemps ? Il s’étonne qu’ils aient délimité son territoire afin de préserver une bonne entente entre voisins. Il regrette le temps de la forêt primitive, une « impénétrable magnificence » ! Thoreau a comme projet de consigner toutes les espèces. Il refuse de « vivre dans ce XIX° siècle inquiet, bourdonnant, vulgaire… mais au contraire me tenir immobile et méditer, en le regardant passer ». Il fait une visite rapide à sa famille, n’ayant qu’une envie, retourner dans sa forêt. Perdu… il est aidé par un animal qui lui explique qu’eux, « la minorité silencieuse », il faut qu’ils aient des trucs en plus par rapport aux humains. Au fil du dialogue avec les animaux, les dessins pleins d’humour de Catherine Meurisse expriment bien à la fois sa demande de complicité et aussi sa surprise devant leurs attitudes étonnantes comme la proposition d’achat de ses propres haricots ! Il est scandalisé qu’un terrien « sot d’humain », ait brûlé des pins blancs pour faire pousser du seigle ! Il a une découverte capitale sur la rotation des arbres en forêt à faire connaitre. Il va l’annoncer à la Concord Library où il rencontre Carson à qui il explique qu’il peut vivre aisément sans elle puisque « la nature me comble ». Carson lui apprend que le nom de son étang vient du nom de la jeune fille seule survivante après un séisme. John Muir est venu rencontrer le philosophe Emerson pour qu’il lui enseigne le transcendatalisme. Retour à la nature, des illustrations traduisent « cette atmosphère nourricière » des jours de pluie… Une nuit, Walden lui parle en rêve… Un stage de sylvothérapie transcendentale a lieu dans la forêt. Pour un habitant, cela s’assimile à un bal folklorique, une réunion de tarés de yogis ! Pendant ce temps, Thoreau admire un hêtre… Puis il est arrêté car il ne veut pas payer un impôt destiné à soutenir une guerre. Pour lui, tout citoyen doit résister, « la véritable place homme juste est en prison » ! De retour à sa cabane, un noir en fuite lui demande de l’aide. Il est normal de l’aider. Est abordé également le problème de la culture intensive du maïs qui est trop gourmande en eau. Les animaux s’inquiètent ! Il faudrait pomper dans les nappes phréatiques et ce serait leur mort assurée ! L’agrandissement du barrage pour qu’une usine de vêtements de coton turbine à fond, met en danger l’étang de Walden. Ils décident d’attaquer la nuit avec de la dynamite fournie par Carson mais rien ne se passe/ Alors une autre solution insolite est choisie ! Thoreau est désespéré, lui qui devait trouver la solitude !… Thoreau et ses amis réussiront-t-ils à éviter ce désastre et à sanctuariser ces terres afin de la protéger des actions de l’homme ? Dans cette bande dessinée, Catherine Meurisse a réalisé une sorte de fable écologique, mettant en scène le grand écologiste Thoreau, des militants dont John Muir et Ralph Waldo Emerson. Elle donne beaucoup de vie au récit en personnifiant les animaux, habitants de la forêt, qui communiquent leurs connaissances de la nature. Cette bande dessinée est d’actualité puisque sont abordés de grandes questions d’aujourd’hui, déforestation, manque d’eau… Catherine Meurisse à travers ce dialogue entre Thoreau et les habitants de la forêt, donne une belle leçon d’écologie et nous incite à nous unir, comme le clan des Walden, pour apporter des solutions aux grands problèmes écologiques qui mettent en péril la vie sur notre Planète.






