David Thomas (Dir.), Sallie Burrough, Nicholas Drake, Glénat (Référence)
Les déserts sont des milieux qui à la fois font peur et qui attirent par leur grande beauté. Comme l’écrit, dans la préface, Bruno David, ancien président de Muséum national d’Histoire naturelle, « Ce beau livre est là pour nous rappeler la diversité et les beautés de ces immenses régions arides, car c’est bien l’aridité extrême qui définit un désert » … Cet ouvrage, d’un très grand format de 200 pages, se distingue par la richesse de son iconographie sous forme de grandes photographies et plus de 25 schémas et infographies. Il a été rédigé par une équipe de spécialistes dont Salie Burrough et Nicholas Drake, sous la direction de David Thomas, professeur de géographie à l’Université d’Oxford, spécialiste de terrain dans de nombreux déserts. Qu’est-ce qu’un désert ? Les déserts présentent un curieux paradoxe, ils sont connus comme des terres désolées et pourtant le vivant y est présent par la capacité d’adaptation d’hommes, de faune et de flore. Sur des cartes sont représentées les extrêmes climatiques, les dix endroits les plus secs et dix records de chaleur. Contrairement aux idées reçues, le Sahara représente le désert, il y a une extraordinaire diversité de paysages et d’écosystèmes. Il n’est pas évident de rendre compte du déficit hydrique de chaque désert. Pour cela, il a été mis au point un indice d’aridité (IA) dont une cartographie le représente à l’échelle mondiale. Les causes climatiques très variables expliquent la diversité des paysages et de la faune. Il est étonnant de constater comment les plantes ont montré des capacités d’adaptation exceptionnelles. Pourquoi existe-t-il des déserts sur Terre ? Quatre influences majeures sont responsables des déficits hydriques : la stabilité atmosphérique, la distance à l’océan, la topographie et l’influence des courants océaniques froids. L’Antarctique est-il un désert ? Savez-vous que l’Antarctique a la plus faible pluviométrie de tous les continents ? Les données fournies par les stations météorologiques révèlent que ce continent est le plus sec de la planète. Des dunes des vallées sèches peuvent y être observées. Des informations très complètes sont données sur des « Déserts en mouvement ». Sur une carte des terres émergées, il y a 152 millions d’années, apparait l’emplacement du désert de Botucatu (Amérique du Sud) au sein du Gondwana. Le Sahara a connu un bouleversement total. Après des phases humides qui reviennent tous les 20 000 ans, le Sahara redevint un désert. Par contre, la préhistoire du Kalahari (désert de l’Afrique du sud jusqu’à l’Angola), reste une énigme pour les scientifiques. La nature des roches, la tectonique du climat et les processus environnementaux déterminent la géomorphologie des déserts. Des photographies font voir d’étonnantes figures sculptées par l’eau, un canyon en fente, des badlands, des yardangs… Quatre parties de l’ouvrage sont consacrées aux déserts subtropicaux, continentaux, d’abri et côtiers qui sont décrits d’une manière complète sur le plan de la géographie physique et humaine : les ergs du Sahara, dépressions salines du bassin du Kalahari, croûtes biologiques du sol où se trouve une grande diversité de micro-organismes, stratégies adaptatives des animaux, occupation des déserts par les hommes pendant des milliers d’années, champs de dunes très impressionnantes d’un désert asiatique, falaises abruptes du désert de Gobi, ressources minérales des déserts et zones arides, adaptation des hommes à des températures par moins 30°C en Mongolie, merveille naturelle du Grand Canyon en Arizona, lacs salés du Grand Bassin et du désert de Mojave (Vallée de la mort), cônes alluviaux des déserts américains, le plus vaste champ de dunes de l’hémisphère occidental à Nebraska (Amérique du Nord), variété des zones arides de l’Amérique du Sud, plaines salées d’Atacama et de l’Altiplano, importance du brouillard pour les zones hyperarides, cercles de fées du désert de Namibie… Quelle est l’histoire de l’occupation humaine ? A quelques exceptions près les déserts n’ont pas été vides de présence humaine. Les premières sociétés ont construit des qanats pour acheminer l’eau. Le désert le plus peuplé du monde est le TharIndo-Pakistanais modifié par l’implantation de réseaux de canaux d’irrigation. Le captage d’eaux souterraines ont permis des cultures. Des projets ont eu des conséquences désastreuses dont le rétrécissement spectaculaire de la mer d’Aral. Dans les années 1930, le Dust Bowl, tempêtes de poussière, a eu des conséquences catastrophiques pour les habitants. Il en ressort que les occupations humaines ont augmenté les pressions sur l’environnement, ce qu’on appelle la « désertification », un des problèmes écologiques majeurs de la planète. De nombreux projets sont mis en place pour lutter contre la désertification dont la Grande muraille verte de Chine. Qu’en est-il de l’avenir des déserts face au réchauffement climatique ? Des simulations ont été établies par le GIEC sur les précipitations et l’humidité du sol. Sur une double page, est présenté « un paysage en mutation » illustrant les variations maximales de superficie des zones arides d’ici 2100. Une autre méthode est d’envisager l’évolution des communautés végétales comme l’augmentation de la brousse au détriment de la prairie. Quel sera l’impact du réchauffement sur les populations d’oiseaux du désert ? Quelle évolution est envisagée pour l’agriculture ? En fin d’ouvrage, importants glossaire et index. Cet exceptionnel atlas de référence d’une équipe de scientifiques spécialistes des déserts et des changements climatiques, avec une importante iconographie, apporte des informations très complètes sur la situation actuelle et les perspectives à venir des écosystèmes désertiques de la Terre.





