Lionel Naccache, neuroscientifique et neurologue, spécialiste d’« une science du subjectif », a réuni, dans cet ouvrage, ses chroniques matinales tenues sur France-Culture de septembre 2023 à juin 2024 qu’il a enrichies de commentaires inédits « Hors antenne » et de schémas alliant science, philosophie et littérature. « Mon projet consistait à disséquer les aventures mouvementées de notre vie intérieure confrontée aux mille et un évènements ou actualités qui ont peuplé cette année-là ». Lionel Naccache a détourné la fameuse formule « Esprit, es-tu là » en « Sujet, es-tu là ». Ce titre peut être entendu comme une supplique : « Sujet seras-tu encore là » face à tous les défis que nous devons affronter. Il ne faut pas oublier que nos subjectivités font partie du monde où on vit. Chacun a son cinéma intérieur. Comme dans un film, on perçoit une continuité d’images. Si on pouvait plonger dans les rouages du cerveau, on le verrait mouliner des images fixes en film continu avec de nombreux effets spéciaux. En fait, on est à la fois le projecteur, l’écran, la salle de projection et le spectateur ! Une étape importante a été la découverte que notre perception se fait en deux temps. Quand une information lumineuse arrive sur la rétine, en un dixième de seconde, le cerveau traite l’image. Cette traversée d’arrière à l’avant est totalement inconsciente. Dans un deuxième temps, on prend conscience de ce quelque chose qui peut être modifié. « On rentre dans la mécanique de la subjectivité ». Une de ses chroniques est consacrée à la maladie d’Alzheimer. Celle-ci touche les réseaux de neurones impliqués dans notre identité subjective. De ce fait les malades ne peuvent pas se projeter ni dans le passé ni dans l’avenir. Il a été découvert un déficit en acétylcholine dans le cerveau des malades. Un médicament peut le compenser. Lionel Naccache fait souvent références à des œuvres littéraires, des films ou des chansons. Il fait un parallèle avec la situation des tuberculeux évoqués dans « La Montagne magique « de Thomas Mann avec les malades d’Alzheimer. Comment conduire un entretien avec un sujet endormi ? L’auteur fait part de résultats obtenus au sujet du sommeil, au CHU de la Pitié-Salpêtrière. Notre cerveau, quand nous sommes endormis, n’est pas déconnecté du monde extérieur ! De nombreuses figures explicitent les informations, telle l’illustration des découvertes sur la mosaïque de conscience et d’inconscience qui caractérise notre sommeil. Celle-ci de Nicolas Ducat a fait la couverture de « Nature Neuroscience ». Comment percevons-nous la souffrance d’une personne ? Nous avons deux sortes d’empathie. La première est la construction d’un mécanisme automatique d’identification, l’empathie « miroir ». Dans un deuxième temps plus long, c’est l’empathie « décentrée » qui entraine une attitude altruiste. Lionel Naccache recommande la lecture de « Vivre sans douleur » de Nicolas Danziger. Une très intéressante figure, la double échelle cérébrale de la perception consciente, montre les incessantes montées et descentes du cinéma intérieur. Mitterand, dans son discours d’adieux, a parlé des « forces de l’esprit ». Celles-ci évoquent la notion de spiritualité, de vie mentale. Il nous faut avoir conscience de la force de notre subjectivité et redonner confiance dans nos vies subjectives. Cet ouvrage est passionnant car il permet au lecteur de découvrir le plaisir de penser et d’explorer le Sujet dans toutes les directions.

EXPOSITION SUR LES TRACES DES DINOSAURES
Premier étage de la Grande Galerie de l’Évolution À partir du 16 juillet 2026 Affiche de l’exposition MNHN 2026 © Illustration Mazan « Le Muséum national d’Histoire





